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Une étude accuse les buralistes parisiens de vendre des cigarettes aux mineurs

Selon des travaux signés par le Pr Dautzenberg, parmi les mineurs parisiens qui fument quotidiennement, neuf sur dix se fournissent chez un buraliste. Or, la vente aux mineurs est totalement illégale...

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Une étude accuse les buralistes parisiens de vendre des cigarettes aux mineurs
Une étude accuse les buralistes parisiens de vendre des cigarettes aux mineurs

Où les mineurs qui fument à la sortie des collèges et des lycées trouvent-ils leurs cigarettes, alors même qu’il est illégal pour un buraliste de leur vendre des paquets (décret du 25 mai 2010) ? Réponse, avancée par une enquête publiée le 13 octobre dans la Revue des Maladies Respiratoires : près de neuf fois sur dix, chez un buraliste.

Menée auprès de 13.567 jeunes (dont 10.324 mineurs), l’enquête révèle tout d’abord que 13,8% des 12-15 ans, 37,9% des 16-17 ans et 39,5% des lycéens majeurs fument, occasionnellement ou quotidiennement. Ceux qui grillent au moins une cigarette par jour sont respectivement 3,2%, 19% et 22%.

Parmi les fumeurs quotidiens mineurs, 87,4 % ont déclaré avoir acheté leur tabac chez le buraliste : 74,6% pour les moins de 15 ans (168 adolescents sur 225 fumeurs quotidiens, pour 7.025 interrogés), et 92% pour les 16-17 ans (577 adolescents sur 629 fumeurs quotidiens, pour 3.299 interrogés).

Plus la première cigarette est achetée tôt, plus la dépendance est grande

L’enquête, cosignée par le Pr Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et un représentant de l’association Paris Sans Tabac, observe que "[le fait d’avoir] acheté du tabac avant 12 ans chez un buraliste était associé à un score de dépendance à 16-17 ans élevé, comparé à ceux qui n’avaient acheté chez un buraliste qu’après 15 ans".

En mai 2015, le Pr Dautzenberg avait communiqué sur la situation sans avoir préalablement publié de résultats dans une revue scientifique. La confédération des buralistes a intenté un procès au pneumologue, affirmant que les jeunes interrogés devaient se fournir sur Internet, et prétendre le contraire auprès des enquêteurs afin de protéger cette filière d’approvisionnement. La justice doit statuer sur la plainte le 30 novembre 2016, 55.000 euros étant réclamés au Pr Dautzenberg.

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