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Comment savoir si son enfant fume du cannabis ?

Quels sont les signaux visibles de la prise de cannabis ? Y a-t-il des signes physiques qui permettent de savoir si son enfant a fumé du cannabis ? Existe-t-il des tests en vente libre ?

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Comment savoir si son enfant fume du cannabis ?

Les réponses avec le Pr Amine Benyamina, psychiatre addictologue, et avec Sterenn Bohelay, chef de service à l'association Oppelia 91 :

"Concernant les signaux visibles, tout dépend la manière avec laquelle on est sensible à la consommation de cannabis et à la durée de contact avec le produit. Quand on est un consommateur régulier de cannabis, on peut ne rien montrer. Quand on est un consommateur naïf, on peut avoir les yeux rouges… L'imprégnation n'est pas difficile à reconnaître. De toute façon, c'est sur l'entretien et sur la question posée qu'on va retrouver l'étiologie ou l'origine de la consommation et de l'intoxication au cannabis. Les signaux sont plutôt une sédation, un ralentissement…

"Derrière cette question, je pense que cette personne veut savoir comment avoir une confirmation de la consommation de cannabis. La consommation se fait de plusieurs façons. La meilleure façon de le savoir, c'est d'entrer en contact avec le consommateur et de ne pas avoir l'aveu mais pouvoir discuter avec le consommateur ou le jeune consommateur d'autant qu'en général, il s'agit soit de son fils, de son frère ou de son petit-fils… Cela permet à la fois d'avoir la confirmation et d'engager une relation de discussion surtout si les dommages sont déjà installés comme les problèmes scolaires… Il ne faut pas tout de suite être diabolisant. Et quand on n'arrive pas à entamer cette discussion et quand il y a des problèmes, il y a la preuve biologique.

"Concernant les tests, il y a eu des tests en vente libre mais pour ma part, je trouve que se transformer en testeur de son entourage est une mauvaise idée car que va-t-on faire du résultat ? Un test n'a pas beaucoup d'importance quand il est positif, ce qui est important c'est le contexte dans lequel on découvre les choses et qu'on engage une discussion surtout si les dommages sont engagés ou sont en cours d'installation."

"Il ne faut pas dénier la consommation quand on est interpellé soit parce que l'on trouve le produit, soit parce qu'on constate des comportements un peu différents… Le dépistage, c'est aussi une manière de braquer le jeune et le produit devient écran à la relation. Il faut se décaler du produit. Il faut se renseigner en tant que parents, que grands-parents… Aujourd'hui la consommation de cannabis est une réalité sociale. Un jeune sur deux est amené à expérimenter et va rencontrer le produit. Le dépistage est un moyen de contrôle, ça peut ajouter de l'angoisse. Et l'angoisse n'est pas positive, en tout cas pour une relation qui permettrait d'échanger éventuellement sur les effets recherchés avec cette consommation."

"Un jeune sur deux a expérimenté. Mais ce n'est pas le fait qu'il consomme ou pas qui est important. Ce sont les dommages liés à la consommation de cannabis qui posent problème. Et lorsque les dommages sont installés, quand les jeunes se cachent avec leur consommation, c'est qu'ils sont dans une transgression qui est liée à l'adolescence d'une certaine manière. Ensuite, quand ils sont en difficulté, soit par la provocation, soit pour les conflits en laissant traîner le cannabis on a des problèmes qui nous interpellent en tant qu'adulte. Le test n'a alors plus d'effet. Il viendra juste confirmer des choses alors que les problèmes sont déjà installés."