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Notre cerveau est-il plus rapide que nous ?

Notre cerveau perçoit des informations sans que nous en ayons toujours conscience. De nombreuses sociétés de neuromarketing tentent d’utiliser cette capacité cérébrale. Est-ce efficace ? Le Dr Sylvie Chokron, nous répond.  

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Notre cerveau est-il plus rapide que nous ?

C’est une grande question qui persiste actuellement. Il est certain que cette perception non consciente nous est utile, et c’est certainement grâce à elle que nous sommes capables d’être si efficaces d’un point de vue perceptif. Si nous n’avions que notre vision consciente, nous serions bien incapables d’être aussi rapides et performants. 

Dans nombre de logos, il y a une information cachée, destinée à être perçue de manière non consciente. Dans le logo de Fedex, par exemple, il y a une flèche qui est crée par l’espace blanc entre le E et le X pour suggérer l’efficacité du transport.  

       

Dans le logo Carrefour, le C est également caché et suggéré dans l’espace entre les formes.  

 

    

Également dans le logo du TGV, si on retourne le logo, on voit apparaître un escargot, comme si le message était que le TGV est l’inverse d’un escargot…    

C’est également le cas du logo de Toblerone, qui représenterait le mont Cervin en Suisse, et l’ours qui est l’emblème de Berne, la ville d’origine de la famille Tobler qui a créé le Toblerone. On retrouve d’ailleurs le mot Berne dans Toblerone. 

      

Ces informations cachées sont sans doute destinées à nous influencer de manière totalement inconsciente. 

Tout ceci rappelle également le scandale de la campagne électorale de 1988 où on a accusé Antenne 2 à l’époque de diffuser une image subliminale de François Mitterrand dans son générique, avec une image entourée.  

    

On ne saura jamais si cela fut efficace, mais ce qui est sûr c’est que depuis des décennies, les messages subliminaux sont régulièrement utilisés par les grands magasins, par exemple pour diffuser des messages qui ne sont pas audibles consciemment mais présentés en dessous du seuil de perception auditive consciente. Dans des chaînes de magasins aux Etats-Unis, on diffuserait par exemple "Je ne vole pas" ou "Je me sens bien".  

D’après ces magasins, ce serait efficace…  

Peut-on agir sans en avoir conscience  ? 

Lorsque la réaction doit être très rapide, ou que nous sommes en danger, la perception du stimulus dangereux et la réaction à ce stimulus se font très rapidement, et donc sans conscience. Nous avons sans doute hérité cette capacité de l’époque où nous devions échapper à des prédateurs. Par contre, ce qu'on sait moins, c’est que même lorsqu'on prend la décision d’aller attraper un objet, il existe un signal qu’on peut enregistrer au niveau cérébral qui précède de plusieurs dizaines de millisecondes la prise de décision consciente de bouger un bras par exemple.  

Notre cerveau sait-il avant nous que nous allons bouger ce bras ?

C’est comme si la pensée conscience que nous allongeons le bras arrivait après que notre cerveau ait décidé de bouger le bras. Benjamin Libet dans les années 1980 a fait des expériences montrant que 600 millisecondes avant que nous décidions consciemment que nous allons faire un mouvement, on peut déjà enregistrer une activité cérébrale qui correspond au mouvement que nous allons réaliser.

Plus récemment une expérience a été réalisée en IRM fonctionnelle. Un sujet est placé dans l’IRM et on lui donne un boitier dans chaque main.
A chaque essai, il doit appuyer sur le bouton qu’il tient dans sa main droite ou dans sa main gauche. Il a l’impression de décider s’il appuie à gauche ou à droite et pourtant, plusieurs secondes avant qu’il n’appuie, en enregistrant son activité cérébrale, on peut en déduire avec une précision de 60% s’il appuiera à gauche ou à droite. Une fois de plus, c’est comme si la conscience de notre intention arrivait après la décision déjà prise par notre cerveau.  

Des expériences qui montrent que nous ne décidons pas de nos actes  

Ces expériences ont effectivement généré de vives discussions philosophiques sur le libre arbitre. Certains refusent d’accepter qu’il est possible de déceler des indices au niveau cérébral des actions que nous n’avons pas encore programmées consciemment.

En réalité, il se pourrait tout simplement que nos intentions soient tout d’abord inconscientes avant d’être conscientes, et c’est peut-être un leurre d’imaginer que toutes nos intentions d’agir sont véritablement conscientes. Ce qui semble acquis c’est que la conscience de réaliser un acte peut survenir après la décision physiologique de le réaliser. 

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