Ebola : bientôt un scénario pour la France ?

Quelle est la probalité d'arrivée de l'épidémie en France ? Alors que les estimations restent encore difficiles à établir dans le monde, le coordinateur français de la lutte contre Ebola, le Pr Delfraissy, a annoncé le 4 novembre lancer prochainement une étude de scénario en France. 

La rédaction d'AlloDocteurs
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Ebola : bientôt un scénario pour la France ?

La France a très peu de risques d'être touchée par l'épidémie, selon le Pr Delfraissy. Pourtant une étude prédictive sera lancée très prochainement. "J'ai demandé qu'on fasse en urgence une étude de scénario s'appuyant sur diverses données", a t-il expliqué. D'après le coordinateur de la lutte contre Ebola, seuls quelques cas devraient se déclarer dans les semaine à venir, mais "ça ne fait pas une épidémie", explique t-il.

"Le vrai enjeu pour la France, c'est la Côte d'Ivoire"

Un scénario noir reste inquiétant : l'arrivée du virus en Côte d'Ivoire. "Une atteinte massive au niveau de la Côte d'Ivoire changerait la donne", précise le Pr Delfraissy. Le pays, extrêmement proche de la région endémique, abrite un grand nombre de Français. Si pour l'instant aucun cas n'y a été déclaré, la France a d'ores et déjà envisagé des mesures de protection des Ivoiriens. Le 25 octobre dernier, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait annoncé débloquer 9 millions d'euros pour aider le pays à lutter contre le virus. "Protéger la Côte d'Ivoire, c'est protéger la France", avait-il alors déclaré.

Des scénarios et des estimations difficiles à établir

Alors que l'OMS a annoncé le chiffre de 10.000 cas, les modèles mathématiques avancent des chiffres très divers, concernant l'évolution de l'épidémie. Les scénarios prédisent une dizaine de milliers de cas, pour les plus optimistes, à 1,5 millions pour les plus alarmistes. Pour le Pr Delfraissy, le chiffre devrait se stabiliser entre 60 et 80.000 cas au total.

Les estimations hypothétiques sont donc à prendre avec des pincettes. D'après un article publié dans Nature, le 4 novembre, elles seraient même surestimées. Et la difficulté à établir un scénario futur en France et dans le monde est principalement liée à la pauvreté des données de base.

Selon un rapport d'expert du CDC (Centre pour la prévention et le contrôle des maladies des Etats-Unis) publié fin septembre 2014, le nombre de cas rapportés par les autorités serait, à l'inverse, sous-estimé... En Sierra Leone, par exemple, le nombre de cas rapportés par le ministère de la Santé serait deux fois moins important que le nombre de cas réels. En cause : l'absence fréquente de diagnostics.

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