La Covid reconnue comme maladie professionnelle pour certains personnels hospitaliers

Le décret sur la reconnaissance de la covid-19 comme maladie professionnelle pour le personnel hospitalier a été publié mardi 15 septembre. Mais le texte limite cette reconnaissance aux patients qui ont bénéficié d’une assistance ventilatoire. 

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le

Pendant les pires semaines de l’épidémie, le personnel hospitalier a fait face à une maladie à la fois inconnue et extrêmement dangereuse. Une enquête limitée à un tiers des établissements de soins a déjà révélé qu’ils sont plus de 30 000 à avoir eux-mêmes été touchés par la Covid-19. Malgré les promesses initiales du gouvernement, tous ne bénéficieront pas de la reconnaissance automatique en maladie professionnelle.

« C’est purement abject. C’est un signe de mépris, pour tous ceux qui se sont exposés au danger pour sauver des vies. Il y a une colère, le sentiment d’une injustice profonde parce qu’en plus si nous avons été contaminés, c’est parce que nous n’avions pas les masques FFP2, parce que nous n’avions pas assez de surblouses » s’indigne Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers CFE-CGC.

Création d’une commission spéciale

Il faudrait donc avoir eu besoin d’une assistance en oxygène pour entrer dans les critères définis par ce nouveau décret. Une restriction d’autant plus étonnante qu’au fil des mois, des séquelles importantes apparaissent même chez des patients qui n’ont jamais été hospitalisés.

« Nous sommes très inquiets parce que la reconnaissance en maladie professionnelle doit permettre de suivre au long cours les conséquences. Or, là, on voit simplement quelques mois après des patients que l’on a suivi, qui continuent à avoir des effets secondaires » ajoute Thierry Amouroux.

Une commission spéciale est créée pour ceux qui voudraient être reconnus malgré tout. Cela concerne non seulement les soignants, mais aussi un grand nombre de professionnels qui ont pu être au contact de malades. Personnels d’accueil, d’entretien, ambulanciers, équipes intervenant au domicile de personnes dépendantes… tout l’univers du soin a été inclus.