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Déconfinement : en mai, on fait presque ce qu'il nous plaît

Malgré une décrue encore fragile de l'épidémie, la limite des 10 km sera supprimée le 2 mai au soir et les terrasses rouvriront mi-mai.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Sur tout le territoire, "il apparaît que nous pourrions être au pic [de l'épidémie], ou proches de l'être", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'issue des Conseils de défense et des ministres ce 21 avril. 

Le calendrier de déconfinement tracé fin mars par le président Emmanuel Macron reste "la base de travail" selon G. Attal. Le chef de l'Etat devrait annoncer lui-même les modalités de réouverture d'ici la première semaine de mai, a confié une source proche de l'exécutif à l'AFP.

L'exécutif prévoit ainsi d'alléger éventuellement le couvre-feu et de rouvrir à partir de mi-mai les commerces non alimentaires et lieux de culture, avec des jauges réduites. Des adaptations territoriales sont à l'étude, avec une jauge plancher de 35% dans les lieux de culture, qui varierait en fonction de la circulation du virus. 

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Début de décrue de l'épidémie

Le choix de l'exécutif repose sur deux prévisions : la baisse du nombre de contaminations et l'objectif de 20 millions de personnes vaccinées avec au moins une dose à la mi-mai. Mais la décrue est encore lente et reste à confirmer, rappellent le ministère de la Santé et plusieurs experts.

"A ce stade l'épidémie recule deux fois moins rapidement qu'en novembre", et "la pression hospitalière reste extrêmement forte", a souligné M. Attal, pointant d'importantes disparités territoriales. "On voit clairement une baisse notable dans un grand nombre de régions", a confirmé l'épidémiologiste Antoine Flahaut sur RTL. 

Le taux de reproduction (R0) du virus, indicateur-clé correspondant au nombre de personnes infectées pour un seul malade, est "passé sous les 0,9", relève ce médecin, prédisant que la baisse s'accentuera dans les jours qui viennent.

Des indicateurs qui demeurent inquiétants

Néanmoins, quelques 43.000 nouvelles contaminations ont été répertoriées mardi, selon Santé publique France. "La descente n’est pas encore suffisamment rapide", avertit Olivier Véran, parlant d'une situation "fragile". 

La professeure Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris, a jugé sur franceinfo que parler de "décroissance de l'épidémie" est "un peu trop enthousiaste", préférant évoquer "un freinage de l'augmentation des cas" et non "une diminution du nombre de personnes hospitalisées".

Les hôpitaux sous pression

La tension sur le système de santé ne faiblit pas : la France compte 31.086 patients hospitalisés, dont presque 6.000 en soins intensifs. Le niveau est inférieur au pic de la première vague en avril 2020 (7.000), mais supérieur à celui de la deuxième. 

"Ce serait trop prématuré d'ouvrir le pays aujourd'hui", avertit pour sa part le Pr Flahaut, favorable à trois semaines supplémentaires de semi-confinement.

Le gouvernement tiendra une conférence de presse le 22 avril au cours de laquelle il abordera divers sujets comme les frontières, les écoles et la campagne de vaccination.