Les cas de Chikungunya explosent en France : comment s'en protéger ?

En 2025, le nombre de cas autochtones de chikungunya a explosé en France. Quelles en sont les causes et comment limiter la propagation de la maladie ? On fait le point.

Abderrahim Bittame

Par Abderrahim Bittame

Rédigé le

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Allodocteurs.fr - Studio TF1

809. C'est le nombre de cas autochtones de chikungunya en 2025, en France hexagonale selon les données de Santé publique France. Un chiffre sans précédent qui contraste avec les données de 2024, année durant laquelle un seul cas avait été recensé. Les cas autochtones désignent les personnes infectées sur le territoire, par opposition aux cas importés. Ces derniers définissant en effet les personnes infectées à l'étranger, ou dans des territoires ultra-marins, et qui sont revenues dans l'Hexagone.

Un coupable tout désigné : le moustique tigre 

L'infection par le virus du Chikungunya est une maladie similaire à celles causées par les virus de la dengue ou du Zika. Elle est transmise à l’humain par l’intermédiaire du moustique tigre, qui a progressivement colonisé la majorité du territoire français ces dernières années. Aedes albopictus, le nom scientifique du moustique tigre, est en effet présent dans 83 des 96 départements métropolitains au 1er janvier 2026.

Départements où le moustique tigre est installé au 1er janvier 2026

Source des données : Santé publique France

Image générée à l'aide de l'IA

Reconnaître le moustique tigre est en réalité assez simple, car il se distingue facilement des autres moustiques. Voici la liste des caractéristiques qui vous aideront à le reconnaitre, selon le site Service Public : 

  • Il est diurne : il pique le jour (principalement le soir et le matin).
  • Il est silencieux.
  • ll est de très petite taille : moins de 0,5 cm (plus petit qu'une pièce de 1 centime d'euro).
  • Ses pattes postérieures sont noires et possèdent cinq anneaux d’écailles blanches. La partie dorsale du thorax est couverte d’écailles noires. Au milieu se trouve une ligne droite médiane bien visible d’écailles blanches.
  • Il est exophile, ce qui signifie qu'il vit principalement à l'extérieur, mais il peut néanmoins rentrer dans les maisons.

Le portail signalement-moustique permet de signaler sa présence sur le territoire. Il est destiné à recueillir en priorité les signalements en provenance de communes encore non colonisées, afin de suivre sa progression. Vous devrez vous munir d'une photo d'un spécimen permettant son identification et répondre à trois questions concernant les caractéristiques du moustique signalé.

Quels sont les symptômes du chikungunya ?

Le chikungunya se manifeste 2 à 12 jours après la piqûre par un moustique infecté, selon le site de l'Assurance Maladie ameli.fr. Les symptômes de la maladie peuvent être variés (ils se révèlent parfois similaires à ceux de la dengue) :

  • Fièvre élevée, d’apparition brutale.
  • Courbatures et douleurs articulaires (arthralgies) souvent invalidantes, obligeant la personne à se tenir voûtée (d’où le nom de chikungunya, qui signifie "homme courbé" en makondé, langue bantoue parlée en Tanzanie et au Mozambique).
  • Maux de tête, nausées, fatigue et éruption cutanée (au niveau du tronc et des membres).

Dans certains cas, les symptômes restent légers et l'infection passe inaperçue. Les douleurs aux articulations disparaissent généralement au bout de quelques jours à quelques semaines, et le rétablissement est complet. Néanmoins, les arthralgies persistent parfois plusieurs mois à plusieurs années, les complications graves demeurant rares.

Comment se protéger du chikungunya ?

Pour limiter les risque d'être infecté, il faut surtout éviter les piqûres de moustique tigre. Selon l'Institut Pasteur, cela passe par quelques réflexes simples à adopter :

  • porter des vêtements longs, 
  • appliquer des répulsifs cutanés 
  • utiliser des insecticides sur les vêtements et les moustiquaires.

Par ailleurs, il faut limiter au maximum la prolifération du moustique. Cela se traduit surtout par la suppression des points d’eau stagnante qui représentent de potentiels gîtes larvaires : pots de fleur, pneus usagés, déchets encombrants, cuves de récupération d'eau de pluie...

Chikungunya : quel traitement existe ?

Il n’existe aujourd'hui aucun traitement spécifique contre le chikungunya. Selon l'Institut Pasteur, "la prise en charge médicale est purement symptomatique : elle repose sur des traitements anti-douleurs et anti-inflammatoires.

De nombreux traitements actuellement en développement ont néanmoins montré des résultats encourageants in vitro selon l'ANRS Maladies infectieuses émergentes