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Mal de ventre : reconnaître l'appendicite

Quand on parle du mal de ventre, on pense souvent à l'appendicite qui correspond à l'inflammation de l'appendice et qui peut devenir une urgence. Alors comment reconnaître une appendicite ? Quels sont les symptômes ? Et quand faut-il consulter ? Les réponses avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

Chronique du Dr Gérald Kierzek, urgentiste, du 6 novembre 2013

Tout d'abord, il faut préciser que rien ne remplace un examen médical. Seul votre médecin ou l'urgentiste peuvent poser un diagnostic de certitude. Donc au moindre doute : filez chez votre médecin ou aux Urgences !

Une des causes de maux de ventre est effectivement l'appendicite qui, comme son nom l'indique avec le suffixe –ite, est une inflammation de l'appendice. L'appendice est une petite excroissance en forme de ver (appendix vermiformis) située sur le gros intestin, en bas et à droite de l'abdomen.

Pourquoi l'appendice s'inflamme-t-il ?

L'appendicite est souvent liée à l'obstruction du canal par tout ce que vous pouvez imaginer : matières fécales, mucus ou un épaississement du tissu lymphoïde présent. L'appendice enfle et s'infecte : c'est l'appendicite.

Le plus souvent la crise d'appendicite survient entre l'âge de 10 et 30 ans. Elle touche une personne sur quinze. Et il faut aller vite car si l'appendice se rompt : c'est la péritonite qui est l'infection de toute la cavité abdominale.

Quels sont les symptômes de l'appendicite ? Quand faut-il consulter ?

Si vous avez une douleur vive et persistante au bas de l'abdomen, près du nombril ou plus à droite, rendez-vous aux Urgences. On appelle ce point M, le point de Mc Burney (du nom du chirurgien Charles Mc Burney). L'emplacement de l'appendice peut aussi varier, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.

D'autres signes inquiétants plaident aussi pour l'appendicite comme la fièvre ou des vomissements. Dans ce cas, il faut aussi se rendre à l'hôpital où on vous fera généralement trois choses :

  1. On vous examinera cliniquement pour vérifier la douleur, chercher un ventre chirurgical (signe de péritonite), on analysera vos urines : une infection urinaire peut mimer une appendicite.
  2. Un prélèvement sanguin (prise de sang) pour mettre en évidence des signes d'infection ou d'inflammation : globules blancs augmentés, marqueurs comme la C Reactive Protéine
  3. Des examens d'imagerie (scanner ou échographie) pour visualiser la taille de l'appendice : si la taille est augmentée, cela confirme le diagnostic.

Dans les années 1980, 300.000 appendicectomies étaient pratiquées annuellement en France. En 2009, il y en a eu moins de 90.000. Cette diminution nette est due en partie à l'amélioration du diagnostic grâce aux progrès de l'imagerie.

Appendicite : une opération en urgence ?

Quand le diagnostic de l'appendicite est confirmé, le traitement recommandé est l'appendicectomie. L'opération chirurgicale classique consiste à retirer l'appendice grâce à une incision de quelques centimètres près de la fosse iliaque droite ou par laparoscopie, en pratiquant trois incisions de quelques millimètres et en insérant une petite caméra.

Mais la chirurgie n'est plus la seule thérapeutique. Les études et une récente compilation de ces études (méta-analyse) le démontrent : une antibiothérapie permet d'éviter une appendicectomie à un an chez 63% des patients adultes présentant une appendicite aiguë non compliquée, avec taux moindre de complications. Bientôt les antibiotiques suffiront peut-être !

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