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Mort subite du nourrisson : bientôt un test de dépistage ?

Des médecins strasbourgeois espèrent généraliser un test sanguin permettant de détecter des nouveau-nés exposés au risque de mort subite. Un syndrome qui conduit au décès de 400 à 500 bébés chaque année en France.

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Mort subite du nourrisson : bientôt un test de dépistage ?
©Fotolia. La mort subite du nourrisson touche environ 400 bébés chaque année en France.

Un test qui permettrait de dépister les bébés à risque de mort subite représenterait un immense soulagement pour tous les jeunes parents.

La mort subite du nourrisson est la première cause de mortalité en France pour les bébés âgés entre un mois et un an. Chaque année, entre 400 et 500 bébés décèdent de façon brutale et inattendue au cours de leur sommeil sans qu'aucun examen ne permette d'identifier la cause de cette mort.

Une triste réalité qui va peut-être changer grâce au travail de chercheurs strasbourgeois.

En effet, des médecins du CHRU de Strasbourg ont mis en lumière les liens entre hyperactivité vagale (ralentissement cardiaque brutal) et malaises répétés selon une étude publiée mi-juillet par la Public Library of Science. Ces travaux pourraient ouvrir la voie au dépistage d'une partie "non négligeable" des bébés à risque de mort subite. 

"On pourra proposer des traitements"

"C'est la première étude qui apporte une preuve biologique, aussi bien chez des adultes que chez des enfants qui font des malaises à répétition, qu'il y a chez certains une hyperactivité vagale et qu'on pourra leur proposer des traitements", explique le Dr Charlie De Melo, réanimateur-pédiatre .

Après des recherches menées sur des lapins, cette étude s'est fondée sur des prélèvements effectués sur des adultes et des enfants sujets aux syncopes, comparés avec ceux de sujets en bonne santé. 

Elle montre le lien entre la surexpression de récepteurs muscariniques, une enzyme censée réguler ces récepteurs, et les syncopes.

"Il y a des récepteurs localisés au niveau cardiaque et parfois, le mécanisme qui contrebalance le système de stress (l'accélération de la fréquence cardiaque, l'augmentation de la tension) est excessif, le cœur ralentit trop et le cerveau est moins perfusé", résume le Dr De Melo.

Un adulte perdra connaissance pendant quelques secondes, sera en sueur, mais récupèrera spontanément, tandis que "chez certains nouveau-nés qui ont des surexpressions muscariniques pathologiques, cela peut aller jusqu'à l'arrêt cardiaque complet", ajoute-t-il.

Dépistage à 3 jours de vie

"Jusqu'à présent, on était un peu perdu devant ces malaises car on était seulement sur des signes cliniques, mais là, en faisant une prise de sang, on peut mesurer l'importance de la surexpression et comment l'enzyme agit", complète le cardiopédiatre Angelo Livolsi.

Une fois des taux anormaux de récepteurs et de l'enzyme identifiés, le patient peut être traité avec "un anti-muscarinique de synthèse", déjà prescrit à Strasbourg par le Dr Livolsi, qui suit des familles aux antécédents d'hyperactivité vagale. 

Les médecins strasbourgeois poursuivent leurs recherches en effectuant des prélèvements, avec l'accord des parents, sur des bébés de moins d'un an hospitalisés pour des malaises graves, afin d'établir des valeurs de référence pour les nouveau-nés et les prématurés.

A terme, ils aimeraient proposer le test sanguin qu'ils ont élaboré "à large échelle, en même temps que les autres dépistages néonataux", effectués à l'âge de trois jours.   

Détecter les bébés avant les malaises graves

"L'idée serait de détecter ces patients avant qu'ils fassent des malaises graves et de les traiter pendant leur première année de vie, c'est-à-dire la période de risque maximale", explique le Dr De Melo.

Le nombre de cas de mort subite du nourrisson a baissé de 75% en France après 1994, lorsque les autorités sanitaires ont préconisé de faire dormir les bébés sur le dos et non plus sur le ventre ou sur le côté, mais "stagne depuis les années 2000", explique le Dr Karine Levieux, coordonnateur scientifique de l'Observatoire des Morts Inattendues du Nourrisson, installé à Nantes.

Plusieurs mesures existent pour diminuer le risque de mort subite du nourrisson :

  • coucher le bébé sur le dos dans une turbulette dans un lit à barreaux, sur un matelas ferme 
  • éviter les cales-bébés, les peluches, les tours-de lit etc.
  • chauffer modérément la chambre (18 ou 19°C) et l'aérer matin et soir.
  • éviter de coucher le bébé dans le lit d'un adulte
  • ne pas fumer au domicile même en l'absence du bébé
  • respecter le rythme du sommeil et de repas du bébé
  • en cas de pleurs importants ou de refus de s'alimenter, consulter un pédiatre.

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"Coucher les enfants sur le ventre était le premier facteur de risque", indique-t-elle, tout en soulignant que la mort inattendue du nourrisson est "probablement d'origine multifactorielle".

Si les bébés à petit poids et les prématurés sont particulièrement exposés, elle cite parmi les facteurs de "stress extérieur" augmentant les risques l'exposition au tabagisme passif, un matelas mou ou une pièce surchauffée.

 

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