1. / Grossesse - Enfant
  2. / Enfant
  3. / Médecine scolaire

La médecine scolaire est-elle menacée de disparition ?

Les médecins scolaires sont de moins en moins nombreux et vivent une situation "d'abandon" qui risque d'aboutir à son "extinction". C'est le cri d'alarme lancé par le SMMU-Unsa Education, le principal syndicat de la profession.

Rédigé le , mis à jour le

Médecin scolaire : en voie de disparition ? - Entretien avec le Dr Claudine Nemausat, membre du bureau national SNMSU-UNSA Education

Il y a actuellement 1.100 médecins scolaires pour 12 millions d'élèves. La moitié devrait partir à la retraite d'ici cinq ans, estime le syndicat SNMU-Unsa. En octobre, 263 postes étaient vacants. Un tiers des postes proposés n'ont pas été pourvus au dernier concours. Phénomène nouveau, certains démissionnent, a indiqué le syndicat, sans pouvoir le quantifier.   

Le métier de médecin scolaire, méconnu car il ne fait pas l'objet d'une formation spécifique à l'université, souffre d'un manque d'attractivité, d'autant que ces médecins sont moins rémunérés que les autres médecins fonctionnaires, et que leurs missions s'empilent sans être hiérarchisées par l'institution, selon le syndicat.

Le travail des médecins scolaires est d'autant plus nécessaire que certains enfants ne sont pas, ou peu suivis médicalement par ailleurs.

"A Pantin, je voyais des enfants qui n'allaient qu'aux Urgences", a indiqué Jocelyne Grousset, secrétaire générale su SNMU-Unsa Education. Elle n'arrivait à examiner qu'environ 15% des enfants de 6 ans pour le bilan prévu à cet âge à l'école.  

On a des enfants de primaire signalés par les enseignants parce qu'ils ont des difficultés d'apprentissage. On tombe sur des enfants qui ont des troubles visuels, auditifs, des apprentissages qui auraient dû être pris en charge depuis très longtemps. "La plupart du temps, les familles n'ont pas renouvelé leur CMU, donc vous perdez encore six mois", ajoute le syndicat.

La loi de refondation de l'école de 2013 a certes inscrit la promotion de la santé pour la première fois comme une mission de l'école, mais "le ministère reste silencieux sur la déclinaison concrète d'un parcours santé de la maternelle au lycée", regrette le syndicat.

VOIR AUSSI