Euthanasie : quitter la France pour mourir en Belgique

Certains patients veulent accéder à une aide active à mourir, impossible pour l’instant en France. Autour de l'hexagone, la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg autorisent ce recours. Des Français ont décidé de faire le voyage pour accomplir leurs dernières volontés.

Charlotte Rothéa
Rédigé le
euthanasie / mourir en belgique
Euthanasie : mourir en Belgique  —  Le Mag de la Santé - France 5

À 67 ans, Olivier d’Herbemont souffre d’un cancer du pancréas. Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Il a pris le train jusqu’à Bruxelles, accompagné de son épouse, pour valider sa demande d’euthanasie.

Cette consultation médicale est obligatoire en Belgique, entre le demandeur et le médecin qui pratique l’euthanasie. Le Dr Delocht vérifie que la demande est conforme à la loi belge. La pathologie doit être grave et incurable et provoquer une souffrance inapaisable.

Une consultation médicale obligatoire

Olivier d’Herbemont est sûr de son choix. L'entretien lui permet de connaître la procédure dans les détails. Dans son cas, le médecin injectera un barbiturique.

"L’injection va très vite... Aucune souffrance, en moins d’une minute, vous vous endormez, comme partir en dormant", précise le Dr Delocht. 

Pour le généraliste, l’avis est favorable. Il évoque une date potentielle. Olivier d’Herbemont et son épouse se soutiennent, dans cette démarche d’autant plus difficile qu’elle se fait loin de leur foyer.   

"Vous allez mourir à l’étranger, c'est un truc de dingue. Si la loi belge s'appliquait en France, je pourrais faire ça dans mon lit, entouré de mes enfants et on ferait ça tranquillement", confie Olivier d’Herbemont.

Pour sa femme, l’accompagner dans ce choix est une évidence. "De toute façon, la tristesse est là, le deuil est là, la séparation est là, la fin est là... que la manière d’y arriver soit la plus noble et la plus respectueuse pour lui et pour nous tous", précise Sophie d’Herbemont.

Un entretien avec un psychiatre

La loi belge leur impose une dernière étape, rencontrer un psychiatre. Il doit s’assurer que la demande d’euthanasie est réfléchie, et faite en pleine conscience.  

"Il y a un moment très émouvant là-dedans, puisque c'est le feu vert pour partir pour ce grand voyage, donc moi, je donne l’autorisation aux gens de partir", explique le Dr Marc Reisinger, psychiatre.

À l'issue de la consultation, Olivier d’Herbemont a ses réponses : le psychiatre autorise lui aussi l’euthanasie.

La date du rendez-vous est fixée dans une douzaine de jours. Comme lui, 40 Français ont fait le choix de la Belgique l’an dernier. 

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