Pesticides : la famille d'un viticulteur décédé relance la machine judiciaire

Pesticides : la famille d'un viticulteur décédé relance la machine judiciaire

La famille d'un viticulteur décédé des suites d'une maladie liée à l'utilisation des pesticides avait déposée plainte contre X en avril 2015 pour "homicide involontaire" devant le pôle de santé publique du TGI de Paris. L'enquête préliminaire, ouverte en juillet 2015, a été classée sans suite dix mois plus tard. La famille a annoncé ce 1er septembre son intention de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

James-Bernard Murat est mort en décembre 2012 d'un cancer dont le caractère professionnel lié à l'arsénite de sodium avait été reconnu en février 2011. Il a été exposé de 1958 à 2000 à cette substance utilisée dans les traitements contre l'esca – une maladie de la vigne due à des champignons parasites – et interdite en France depuis novembre 2001.

La plainte déposée en mai 2015 par sa famille avait entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire un mois et demi plus tard. "Le parquet de Paris a prononcé un classement sans suite le 25 mai [2016], se retranchant sur une prétendue difficulté à établir un lien entre la maladie et l'utilisation des pesticides", a déclaré à l'AFP l'avocat François Lafforgue, qui représente la famille du viticulteur.

La nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, doit "permettre qu'un juge d'instruction soit désigné pour enquêter, une première dans une affaire d'exposition aux pesticides", a-t-il ajouté.

Selon le communiqué diffusé par la famille du viticulteur, la nouvelle procédure engagée vise à "mettre en lumière toutes les responsabilités : celles des firmes de l'industrie chimique qui ont commercialisé ces produits et celles des services de l'Etat qui les ont homologués".

Valérie Murat, fille du viticulteur décédé, juge que son père "[a été] intoxiqué sans jamais être alerté des dangers pour sa santé", une situation "emblématique de centaines d'autres cas".

Avec AFP