L'absence de prise en charge des adultes handicapés mentaux

C'est un drame familial qui relance le combat de nombreuses associations sur la prise en charge des adultes handicapés mentaux. Lundi 22 avril 2013, un père, usé, a tué son fils autiste avant de tenter de se suicider. Une situation de détresse qui traduit la souffrance de nombreuses familles.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Usé, un septuagénaire a tué son fils autiste avant de tenter de se suicider. Le drame s'est déroulé lundi 22 avril 2013 en fin d'après-midi à Poissy, dans les Yvelines. Depuis quelques mois, le père s'occupait seul de son fils quarantenaire lourdement handicapé. Dans une lettre, il explique qu'il ne supportait plus de voir son enfant souffrir.

Des parents à bout

Un événement qui traduit la souffrance de nombreux parents d'enfants et d'adultes handicapés. Si des structures existent pour la prise en charge des enfants et adolescents handicapés, quand ils atteignent l'âge adulte les moyens manquent. Des situations qui peuvent conduire les parents et les proches à l'épuisement physique et psychologique.

Face à cette situation, Christel Prado, présidente de l'Unapei, l'union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis, est indignée : "nous entendons souvent parler de la souffrance des parents et malheureusement, comme ce papa, beaucoup passent à l'acte faute de moyens. La France ne sait pas combien il y a de personnes handicapées, donc n'est pas en capacité de répondre aux besoins des familles".

L'immobilisme des pouvoirs publics

Regroupant 550 associations, l'Unapei interpelle régulièrement les pouvoirs publics sur la situation des adultes handicapés mentaux en France, un appel qui semble rester sans réponse : "il y a en France, en 2013, 30.000 personnes handicapées mentales vieillissantes sans solution. Ca veut dire qu'elles sont à domicile avec des parents eux aussi vieillissants qui sont à bout de force. 30.000 personnes ça n'est pas une paille et pourtant personne de bouge."

"Aujourd'hui les pouvoirs publics ne nous ont pas fait de signe. Un groupe de réflexion sur le vieillissement des personnes handicapées a été mis en place très récemment. Il produira un énième rapport. Mais nous, on attend des actes et ça fait dix ans qu'on attend un commencement d'actes."

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