Hépatite C : des malades en attente de traitement

L'hépatite C est en mal de soignants. En France, 250.000 à 500.000 personnes seraient touchées par cette maladie contagieuse du foie. Une pathologie dont on peut aujourd'hui guérir, mais encore faut-il être pris en charge. Près de 90.000 patients diagnostiqués seraient ainsi en attente de traitement.

La rédaction d'AlloDocteurs
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- Reportage de Cécile Guéry-Riquier, Marie Chagneau et Hervé Droguet -

Des traitements plus courts, mieux tolérés, plus efficaces. En quelques années, le taux de guérison de l'hépatite C a grimpé. Aujourd'hui, le virus est totalement éliminé de l'organisme chez deux patients sur trois grâce à l'évolution des traitements. Des résultats qui placent la France au premier rang des trente pays européens analysés par la Health Consumer Powerhouse dans son classement 2012.

Une bonne nouvelle pourtant relative, dans une tribune diffusée le 15 janvier 2013 (cf. document PDF ci-dessous), à l'occasion du sixième congrès sur l'hépatite, plusieurs spécialistes de la maladie s'inquiètent. Faute de moyens, les équipes de soignants parent aujourd'hui au plus pressé. Certains malades, éligilibles au traitement, doivent ainsi se montrer patients au profit de personnes plus gravement atteintes.

Du temps perdu, des chances de guérison en moins

"Actuellement, le nombre de professionnels de santé (médecins et infirmières) s'occupant des patients atteints d'hépatite C, dans les centres spécialisés, est nettement insuffisant. Les délais d'attente pour une première consultation sont souvent supérieurs à 3 mois, jusqu'à 6 ou 7 mois dans certains établissements", explique le Pr. Patrick Marcellin, hépatologue à l'hôpital Beaujon à Clichy.

Cette perte de temps représente une perte de chances de guérison pour les patients "car le traitement ne prévient l'évolution vers la cirrhose et le cancer que s'il est instauré à temps." Une seule solution selon les spécialistes : "augmenter le nombre de professionnels qui s'y consacrent".

Augmenter le dépistage

Autre enjeu, augmenter le dépistage des malades atteints de cette pathologie contagieuse du foie. Aujourd'hui, le taux de dépistage s'est stabilisé aux alentours de 62 %, un pourcentage jugé "insuffisant" par les médecins.

On estime que près de 100.000 personnes seraient porteuses de l'hépatite C sans le savoir, alors qu'une simple prise de sang suffit pour être diagnostiqué. Une maladie qui entraîne le décès d'environ 3.500 malades par an en France.

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