Grossesse : la chimiothérapie laisserait l’enfant tranquille

Grossesse : la chimiothérapie laisserait l’enfant tranquille

Une étude présentée au Congrès européen multidisciplinaire sur le cancer, à Stockholm, en septembre 2011, montre qu'une chimiothérapie réalisée pendant la grossesse n'atteint pas le développement mental ni la fonction cardiaque de l'enfant. Les résultats de cette étude ont été publiés dans The Lancet Oncology, le 10 février 2012.

Géraldine Zamansky
Rédigé le , mis à jour le

Une équipe de gynéco-cancérologues belges, hollandais et tchèques viennent de présenter une recherche assez encourageante pour toutes les femmes touchées par un cancer en pleine grossesse.

Présentée au Congrès européen multidisciplinaire sur le cancer, elle montre que leurs enfants ne semblent pas avoir souffert de la chimiothérapie alors engagée. Le suivi n’a montré aucune altération de leurs capacités intellectuelles et cardiaques à 18 mois, 5-6 ans, 8-9 ans… et jusqu’à 18 ans pour certains ! Cependant, 47 des 70 enfants sont nés prématurément, avec plus de 5 semaines d’avance pour certains. En comparant leur résultats avec ceux qui sont arrivés à terme, les médecins estiment que les difficultés constatées chez les anciens grands prématurés sont liés à cette grossesse raccourcie plutôt qu’au traitement du cancer de leur mère.

"Par conséquent, nous pensons que ces résultats nous permettent de faire une recommandation concernant la chimiothérapie pendant la grossesse : les femmes enceintes qui ont un cancer ne doivent pas reporter leur traitement ou mettre un terme à leur grossesse. Les bénéfices du traitement sont supérieurs à toute éventuelle atteinte pour l’enfant", explique le Pr. Amant de l’hôpital universitaire de Leuven en Belgique, dans sa présentation au Congrès.

Dans le groupe suivi, toutes les patientes ont reçu une chimiothérapie parfois complétée d’une radiothérapie et/ou de chirurgie. Avec une majorité de cancers du sein, puis des leucémies, lymphomes, des cancers des ovaires, du cerveau, de la peau… Devant ces différentes expériences, le Pr. Amant insiste sur une seconde conclusion : "il faut éviter les naissances prématurées et continuer la grossesse jusqu’à au moins 37 semaines puisque les données suggèrent que les enfants souffrent plus de la prématurité. L’accouchement des femmes enceintes sous chimiothérapie est souvent déclenché dès que le fœtus est viable bien qu’immature. Nos résultats suggèrent qu’il faut l’éviter." Pour l’instant, selon l’équipe, ces déclenchements priment dans les causes de prématurité sur une éventuelle influence de la chimiothérapie.

La prudence reste de mise quant à l’effet à long terme sur les enfants de ce traitement prénatal au niveau de la fertilité et d’un éventuel sur-risque de cancer. L’étude internationale continue donc pour suivre plus d’enfants sur de plus longues durées.

Etude de référence : "Long-term cognitive and cardiac outcomes after prenatal exposure to chemotherapy in children aged 18 months or older: an observational study", The Lancet Oncology, Early Online Publication, 10 February 2012, doi:10.1016/S1470-2045(11)70363-1

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