Après une nuit de garde, les réanimateurs tournent au ralenti

Après une nuit de garde, les réanimateurs tournent au ralenti

Après une nuit de garde, les capacités cognitives des réanimateurs sont largement diminuées. La vitesse de réaction, la mémoire et le raisonnement sont particulièrement touchés par des heures de travail nocturnes, selon une étude présentée au congrès de la Société de réanimation de langue française (SRLF), à Paris.

La rédaction d'AlloDocteurs
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La privation de sommeil a des effets néfastes sur le travail des réanimateurs à l'hôpital, qui doivent assurer une permanence des soins 24 heures sur 24. "Or les médecins ne bénéficient pas toujours d'un repos de sécurité après 24 heures de travail", explique M. Adda, réanimateur à l'hôpital Nord de Marseille, lors du congrès de la Société de réanimation de langue française (SRLF).

"Le lien entre fatigue et le risque d'erreur médicale est communément acceptée", mais "les médecins réanimateurs sous-estiment les conséquences", ajoute t-il. Pour vérifier cette affirmation, la société a tenu à évaluer les capacités cognitives des réanimateurs après une nuit de garde.

Altération de la mémoire et de la vitesse de réflexion

Les auteurs ont étudié 51 réanimateurs, en comparant leurs facultés mentales après une nuit de repos et après une nuit de travail. La durée de sommeil après une nuit de repos était de 6h45 en moyenne, contre 3h10 après une nuit de garde.

Résultats : les aptitudes testées étaient dégradées après une nuit de travail à l'hôpital. L'attention (vitesse de traitement de l'information) était diminuée de 12,5%, la mémoire de travail de 9,5% et le raisonnement perceptif (capacité à trouver des solutions selon la situation) de 6,5%. La baisse est significative... Et ces résultats ne variaient pas en fonction de l'âge du médecin, ni de son expérience professionnelle ou de la charge de travail durant sa garde.

Des conséquences sous-estimées par les médecins

"L'auto-évaluation des performances par les médecins eux-mêmes n'est pas corrélée à l'altération effective des capacités cognitives" ont noté les auteurs. Après une garde, les réanimateurs ne seraient donc pas conscients d'être affaiblis.

"Les médecins réanimateurs, après une nuit de garde, sont moins performants dans leur capacité à raisonner, à traiter une information, à la mémoriser et à changer de stratégie", concluent les auteurs. Pour éviter les erreurs médicales et le surmenage, la loi interdit aux médecins de dépasser 48 heures de garde par semaine et oblige un repos de 12 heures consécutives entre chaque garde. 

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