Virus mutant H5N1 : fin de l'embargo sur la publication des recherches

Un article portant sur la création en laboratoire d'un inquiétant virus mutant de la grippe aviaire H5N1, transmissible entre humains, a été publié ce mercredi 2 mai 2012, dans la revue britannique Nature. Cette publication met fin à plusieurs mois de controverse sur les risques d'utilisation de ces travaux de recherche par des bio-terroristes.

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Virus mutant H5N1 : fin de l'embargo sur la publication des recherches

H5N1 : doit-on craindre le virus mutant ? - Reportage vidéo du 3 mai 2012

Le virus H5N1, virus de la grippe aviaire n'était présent essentiellement que parmi la volaille et les oiseaux sauvages. En 2005, ce virus avait inquiété toute la planète par sa dangerosité et son extrême contagion. Mais en novembre 2011, deux équipes, une néerlandaise, l'autre américaine, prétendaient avoir mis au point en laboratoire un version du virus capable de se transmettre entre mammifères.

Le but de ces recherches, financées par les instituts nationaux américains de la santé (NIH), était de comprendre le virus et d'anticiper une mutation naturelle afin de pouvoir mettre au point un vaccin.

Seulement, le Bureau national américain de la science pour le biosécurité (NSABB) avait demandé à la revue Science et à la revue Nature qui font autorité dans le milieu scientifique, de ne pas publier ces travaux, évoquant un risque bio-terroriste.

En mars 2012, après de nouvelles évaluations, le NSABB a finalement autorisé la publication des études, estimant que "les données (...) ne semblent pas fournir d'informations qui permettraient une utilisation nuisible (...) au point de mettre en danger la santé publique ni la sécurité nationale". La revue Nature a donc publié, mercredi 2 mai 2012, les résultats de l'équipe américaine, dirigée par Yoshihiro Kawaoka de l'université du Wisconsin. L'autre article du Pr. Ron Fouchier du centre médical Erasmus de Rotterdam est en cours de "révision" avant publication dans Science.

L'équipe de Kawaoka explique avoir travaillé sur un gène clé du H5N1, l'hémagglutine (HA), pour y ajouter une mutation afin de le rendre plus compatible avec les cellules du système respiratoire humain.

Ce mutant a été testé ensuite sur six furets, un mammifère couramment utilisé dans les laboratoires de recherche en virologie pour leur proximité avec l'homme en matière de système respiratoire. Résultat : les furets infectés ont transmis le virus par voie aérienne à d'autres furets, mais aucun d'eux n'en sont morts.

Il est toujours difficile de déterminer si les bénéfices d’une telle publication dépassent les risques liés à une utilisation malveillante.

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