Vincent Lambert : une décision ''inquiétante'' pour le Dr Devalois

Bernard Devalois, chef de l'unité de soins palliatifs de Pontoise, était l'invité du Magazine de la santé pour commenter la décision de justice autour du cas de Vincent Lambert.

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Entretien avec le Dr Bernard Devalois, chef de l'unité des soins palliatifs à l'hôpital de Pontoise

Bernard Devalois a jugé "étonnante et inquiétante" la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

"Les juges se seraient arrogés le droit, que ne leur confère pas la loi, de dire ce qui est ou pas de l'acharnement thérapeutique", commente l'invité du Magazine de la santé. Or, "le juge est là pour savoir si la loi a été appliquée […] et si la procédure [au terme de laquelle les médecins rendent leur décision] a été correctement suivie".

Si la décision du tribunal devait être confirmée en conseil d'Etat, "la loi Leonetti tombe", a poursuivi Bernard Devalois, qui s'est avoué "effaré" par les motifs de la décision.

La question de "l'état de conscience" de Vincent Lambert, au cœur des plaidoiries, est pour lui une "fausse question" : "la loi Leonetti dit deux choses. Premièrement, que l'acharnement thérapeutique est interdit. Deuxièmement, elle dit qui décide ce qui est [ou non] de l'acharnement thérapeutique : le patient lui-même, s'il est en capacité de le dire, ou les médecins, à l'issue d'une procédure bien définie, si le patient n'est pas en capacité".

Peu importe donc le niveau d'état de conscience du patient : si les médecins considéraient que c'était de l'acharnement thérapeutique, "non seulement ils avaient le droit de prendre cette décision mais, [à l'issue de la procédure collégiale], ils ont le devoir de ne pas poursuivre".

A l'issue de l'entretien, le chef de l'unité de soins palliatifs de Pontoise a vivement condamné la récupération de cette affaire par "le mouvement politico-religieux" (Civitas) auquel maître Triomphe, avocat de la mère de Vincent, est rattaché.

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