Varices : chirurgie ou radiofréquence ?

Chaque année, en France, plus de 110.000 personnes bénéficient d'une intervention chirurgicale pour le traitement de leurs varices. Outre-Manche, une autre technique est choisie en priorité, il s'agit de la radiofréquence.

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Varices : chirurgie ou radiofréquence ?
Varices : chirurgie ou radiofréquence ?

Les varices sont des veines, le plus souvent localisées au niveau des membres inférieurs, dont le fonctionnement est altéré. Outre les conséquences esthétiques, elles peuvent provoquer des douleurs, des lourdeurs, des ulcères ou même des phlébites.

Lorsque les médicaments et les bas de contention ne suffisent plus, d'autres solutions sont proposées. Alors qu'en France, il s'agit le plus souvent d'une intervention chirurgicale, les Britanniques, eux, estiment que le traitement par radiofréquence doit être choisi en priorité.

Alors chirurgie ou radiofréquence ? Petit éclairage du Dr Ariel Toledano, phlébologue et angiologue.

  • Quelle est la méthode la plus utilisée en France dans le traitement des varices ?

Dr Toledano : "Il existe trois types de techniques permettant de traiter des varices des membres inférieurs, parmi lesquelles la sclérothérapie, les techniques endoveineuses et enfin la chirurgie. Les trois techniques ont pour objectif de faire disparaître le segment veineux soit en le retirant dans le cas de la chirurgie, soit en favorisant sa rétraction par le biais de la sclérothérapie ou des techniques endoveineuses (radiofréquence ou sclérothérapie). En France, la chirurgie est la technique la plus répandue par rapport aux techniques endoveineuses."

  • En quoi consiste le traitement par radiofréquence ?

Dr Toledano : "Le traitement par radiofréquence consiste à détruire la veine mais cette fois-ci sans la retirer. Une incision est réalisée au niveau du genou ou de la cheville, une sonde de radiofréquence est introduite par cette incision, à son extrémité il y a une électrode bipolaire chauffante. La température de la sonde augmente jusqu'à atteindre les 120°C, cette chaleur entraîne une occlusion de la veine, le sang ne passe plus dedans, elle est comme bouchée. Cette technique ne prend qu'une vingtaine de minutes, le patient peut marcher et reprendre son travail dès le lendemain. Elle ne nécessite qu'une anesthésie locale."

  • Pourtant la radiofréquence est peu utilisée en France, comment l'expliquer ?

Dr Toledano : "Depuis 2008, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son autorisation à l'usage de la radiofréquence comme traitement alternatif à la chirurgie. Si cette méthode reste peu utilisée dans notre pays, c'est qu'on manque encore de recul et qu'elle ne présente pas que des avantages.

"D'abord, la radiofréquence n'est pas efficace sur toutes les veines, elle ne fonctionne que sur les veines principales de calibre modéré (en dessous de 10-12 mm) et qu'elles ne soient pas trop superficielles (au delà de 5-6 mm sous la peau) car il y a risque de ressentir une sorte de cordon sous la peau, cela peut être douloureux et gênant, parfois ce ressenti peut durer un an. Un désagrément qu'il faut bien expliquer au patient. Par ailleurs, il faut souvent compléter la radiofréquence par une chirurgie à type de phlébectomies (extirper les varices par de toutes petites incisions) pour traiter des segments variqueux accessoires.

"Un autre inconvénient non négligeable, c'est que la radiofréquence n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie, il est probable que cela évolue étant donné l'accord de la HAS.

"Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que chaque varice est unique. Qu'il s'agisse de la chirurgie, de la radiofréquence ou d'autres méthodes, il faut adapter le traitement à chaque patient. La décision et le choix du traitement d'une varice doit se faire en concertation avec le médecin phlébologue, le chirurgien et le patient."

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