Un pas en avant vers une médecine génétiquement personnalisée

Sonder le patrimoine génétique de chaque patient pour personnaliser son traitement médical et accroître ses chances de succès ou minimiser les effets secondaires. Cela s’appelle la médecine personnalisée et c’est le projet de la Mayo Clinic. Le prestigieux établissement américain envisage, au plus tôt l’année prochaine, de séquencer le génome de milliers de volontaires.

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Un pas en avant vers une médecine génétiquement personnalisée
Un pas en avant vers une médecine génétiquement personnalisée

Multiplier les chances de réussite d’un traitement médical en se servant de son patrimoine génétique, cela s’appelle la médecine personnalisée. Le premier succès de la médecine personnalisée remonte à 1998, avec l'Herceptin®, médi­cament destiné aux femmes atteintes d'un cancer du sein qui présentent une anomalie génétique particulière, détectable par un biomarqueur. Seules 15 % des femmes atteintes de ce cancer ont la mutation et gagnent à recevoir ce traitement coûteux, commercialisé par Roche.

Ce que prévoit de faire la Mayo Clinic (Rochester, Minesota), ce n'est plus de se concentrer sur certaines régions du génome, celles où l'on pensait trouver le plus d'infos, mais aller chercher ailleurs. Car aujourd’hui, on s'aperçoit que l'on peut trouver des informations intéressantes dans d'autres régions (par exemple, des régions qui influencent la structure de l'ADN). Contrairement aux techniques de séquençage du gène, qui ne représentent qu'un pourcentage du génome, le séquençage complet du génome donne une image exhaustive de toutes les altérations génétiques de l'ADN.

Un tel projet va permettre de soigner les patients en fonction de leur profil génétique : développer des traitements anti-cancers ciblant certaines fonctions vitales des tumeurs, réaliser des tests génétiques capables de déterminer si des femmes atteintes de cancer du sein ont besoin de chimiothérapie ou, par exemple, prévoir la réaction des patients à plus d'une dizaine de médicaments en fonction de leur profil génétique.

C'est surtout la baisse du coût du séquençage du génome humain qui rend ce projet réalisable. Même s'il reste élevé, les prix ont beaucoup baissé ces dernières années.

D'après Pierre Le Ber, directeur adjoint de l'Institut de génomique, si les applications pour le cancer sont déjà bien avancées, on ne sait pas encore exactement à quelles maladies le séquençage complet du génome humain sera le plus utile : "Plus on séquence des génomes complets sur des grandes populations, plus on réussira à mettre en évidence des nouvelles connaissances sur le génome. Pus on va le séquencer plus on saura les interpréter. Actuellement, on en est aux balbutiements".

A terme, on peut envisager utiliser le séquençage pour prédire la réaction de tel patient à un traitement contre l'hypertension artérielle, ou encore analyser pourquoi certaines femmes sont plus sujettes que d'autres - par exemple - aux accouchements prématurés.

Pour Pierre Le Ber, une chose est sûre : ces méthodes représentent l'avenir de la médecine, "inutile de traiter un patient pendant plusieurs mois avec un traitement si on est capable de dire, dès le départ, qu’il répondra mal au traitement ou qu'il y a mieux pour lui". 

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