Recherche : le poisson zèbre, un cobaye idéal ?

Une équipe de chercheurs de l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière a réussi à créer le premier modèle de poisson zèbre ayant les mêmes mutations génétiques que les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique. Même si les causes précises de la maladie restent mystérieuses pour les scientifiques, les résultats obtenus apportent un nouvel éclairage. Plusieurs caractéristiques font de ce poisson le modèle par excellence pour comprendre les mécanismes des maladies neurodégénératives. Explications.

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Reportage d'Eloïse Malet, Christian Galet et Lionel Simon

Un vertébré de deux à trois centimètres, environ 26.000 gènes dont 85% de parenté avec l'homme, une reproduction possible dès l'âge de trois mois… il s'agit du poisson zèbre, l'un des modèles animal de prédilection dans les laboratoires comme le confirme Edor Kabashi, chercheur Inserm : "ce modèle est transparent, donc cela nous permet d'avoir des lignées transgéniques fluorescentes qui peuvent nous permettre d'identifier un seul type de neurones. Et on peut les cibler pour étudier les aspects moléculaires de ces neurones chez un poisson qui est toujours vivant".

À l'Institut du cerveau et de la moelle épinière, les chercheurs développent des lignées de poissons zèbres afin de cibler les gènes impliqués dans les pathologies neurodégénératives. Une fois le gène mutant inséré, l'œuf va se développer normalement, il se transformera en larve en deux à trois jours mais cette larve sera atteinte de sclérose latérale amyotrophique. La maladie va entraîner une destruction des neurones moteurs qui acheminent les signaux du cerveau vers les muscles, et donc provoquer une paralysie musculaire progressive. L'équipe peut alors analyser les comportements moteurs des différentes larves.

Les chercheurs sont parvenus à créer un poisson zèbre avec le même gène défaillant que chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique. "Nous avons développé un modèle de poisson zèbre où l'on a diminué le niveau de ce gène et on a pu montrer qu'il y avait des défauts moteurs dans ce modèle. Et on peut utiliser ce modèle pour mieux comprendre cette nouvelle forme génétique de la maladie", explique Edor Kabashi, chercheur Inserm.

Actuellement les chercheurs testent différents composés chimiques, capables d'inverser les processus neurodégénératifs, dans l'espoir de déboucher sur des thérapies efficaces pour les patients atteints par ces maladies neurologiques de plus en plus fréquentes.

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