Psychotropes... Tous déprimés, tous drogués ?

Dépression, fatigue chronique, anxiété ou stress... Pour faire face à ces troubles du quotidien, les Français consomment massivement des anxiolytiques et des antidépresseurs. Jusqu'à créer une réelle addiction chez certains. Pour aider ces patients à rompre avec la dépendance aux psychotropes, le recours à la cure de sevrage en milieu hospitalier est souvent nécessaire.

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Psychotropes... Tous déprimés, tous drogués ?

"Décrocher des anxiolytiques"
Reportage de Maxime Vautier, Alexandre Moncayo et Lionel Simon

Les Français seraient-ils en train de s’empoisonner aux pychotropes ? Nos confrères du Nouvel Observateur, dans leur édition du 25 octobre 2012, consacrent un dossier aux dangers des médicaments de l'esprit. Une dizaine de pages d'enquête sur les abus de prescriptions de la part de médecins généralistes qui ne maîtriseraient ni le domaines des pathologies mentales, ni l'étendue des effets secondaires et des interactions médicamenteuses.

Les Français sont les premiers consommateurs de psychotropes. Nous serions un quart de la population à consommer, ponctuellement ou régulièrement, des anxiolytiques, des antidépresseurs, des tranquillisants ou encore des neuroleptiques.

Selon un rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, près de quatre Français sur dix ont déjà pris au moins une fois un psychotrope dans leur vie.

Trop de médicaments, et pas assez de prise en charge

Les déprimes et dépressions passagères sont mal prises en charges et trop vite traitées par psychotropes. Dans de nombreux cas, et quand il s'agit d'une dépression profonde, leur utilité est démontrée et il est évident que ces produits sauvent des vies.

Mais les journalistes émettent un constat : certains médecins généralistes prescrivent trop rapidement et sans réelle raison des molécules qui correspondent à des pathologies précises. Sans bien connaître la posologie, les patients peuvent se retrouver à suivre un, voire plusieurs traitements pendant plusieurs années alors qu’ils ne devraient pas dépasser quelques semaines. Et une fois qu'un patient prend ces traitements, il risque de tomber dans la spirale infernale de l'addiction.

Les personnes âgées sont particulièrement concernées : elles prendraient trop de benzodiazépines pour traiter des problèmes d'anxiété et de sommeil. Pourtant, les traitements chimiques ne sont pas dénués de conséquences : nausées, prises de poids, chute d'attention (entraînant des possibilités de fractures ou d'accidents), nervosité, anorexie, transpiration…

Bernard Bégaud, auteur d'une étude sur le lien entre démence et benzodiazépines, rappelle dans une interview que le risque de démence sénile est majoré chez les patients de plus de 65 ans.

Source : "Somnifères, antidépresseurs, tranquillisants : vrais et faux dangers", Le Nouvel Observateur, 25 octobre 2012.


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