Les Suédois invités à prendre conscience des risques du ''co-dodo''

La Suède est le pays occidental où les enfants dorment le plus, durant les premières années de leur vie, dans le lit de leurs parents. Un médecin suédois appelle à des recommandations officielles en défaveur du co-dodo (ou co-sleeping), une pratique qui accroît le risque de mort subite du nourrisson.

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Les Suédois invités à prendre conscience des risques du ''co-dodo''
Les Suédois invités à prendre conscience des risques du ''co-dodo''

Une étude parue en 2001, dans la revue pédiatrique Early Human Development, montrait qu'elle était le pays occidental où le co-dodo (co-sleeping) était le plus répandu, concernant 65% des enfants de trois mois. Une spécificité qui a fait l'objet de plusieurs études sociologiques.

En 2012, un sondage publié par le magazine Mama avait montré que 29% des mères suédoises avaient déjà eu des relations sexuelles pendant que leur bébé dormait dans leur lit.

Pour le pédiatre Göran Wennergren, interrogé dans le journal médical Dagens Medicin, "[la] recherche, ces dernières années, [a rendu évident que "le co-dodo" constitue] un facteur de risque de mort subite du nourrisson, y compris en excluant [tous les] autres facteurs".

"Le partage du lit est un facteur de risque plus important que l'allaitement maternel n'est un facteur de protection", insiste le médecin, "anticipant les critiques" qui ne manqueront pas contre son appel, dans un pays où cette pratique est si ancrée.

Interrogée par l'Agence France Presse (AFP), le 4 décembre 2013, Kerstin Nordstrand, une responsable des lignes directrices sanitaires de l'Administration des affaires sociales, a confirmé "[qu’il était] important que les enfants de moins de trois mois dorment dans leur propre lit".

Jusqu'à présent, les autorités suédoises déconseillaient simplement de faire dormir un nouveau-né dans une chambre fumeur ou dans un lit où un parent serait sous l'influence de substances diminuant sa vigilance.

Une étude publiée, en mai 2013, dans le British Medical Journal, portant sur près de 1.500 morts subites de nourrisson, avait montré que 22% de ces décès avaient lieu dans le lit parental. Selon son auteur, le professeur de statistiques médicales Bob Carpenter, le risque de mort est multiplié par cinq.

Des pays comme les États-Unis ou la France conseillent plutôt de dormir dans la même chambre que le nouveau-né, mais pas dans le même lit. Toutefois, selon une récente étude réalisée par des chercheurs du National Institutes of Health (NIH), en 20 ans, aux Etats-Unis, la proportion de bébés qui partagent le lit de leur parents ou d'autres enfants a plus que doublé (passant de 6,5 % en 1993 à 13,5 % en 2010).

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