Les sages-femmes redescendent dans la rue

Après quatre mois de grève qui ont révélé des divergences de fond au sein de la profession, les sages-femmes redescendent dans la rue ce mercredi 19 février 2014, à Paris, pour demander au gouvernement de "prendre ses responsabilités" et de revaloriser le métier. Au même moment, se tiendra la huitième réunion du groupe de travail sur le statut des sages-femmes à l'hôpital, mis en place par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et animé par le magistrat honoraire de la Cour des comptes Edouard Couty.

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Les sages-femmes redescendent dans la rue
Les sages-femmes redescendent dans la rue

Les sages-femmes parcourront, pour la troisième fois depuis le début du mouvement, les trois kilomètres qui séparent la place Denfert-Rochereau (14e) du ministère de la Santé (7e). Le collectif d'organisations à l'origine de la grève demande notamment que les sages-femmes hospitalières puissent sortir de la fonction publique et obtenir un statut sur le modèle des médecins (praticien hospitalier, PH).

De leur côté, les syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, SUD, Unsa), réunis en intersyndicale, sont hostiles à cette hypothèse, synonyme selon eux de précarité. Les intersyndicales de praticiens hospitaliers y sont également opposées, mais pas pour les mêmes raisons. D'après ces praticiens, l'émancipation des sages-femmes, corolaire du statut PH, va déstructurer les salles d'accouchement et mettre en danger les femmes et les bébés.

Le mouvement reste peu visible hormis les brassards et banderoles "en grève" dans les maternités, car les grévistes sont assignées, donc prennent en charge normalement les patientes.

Le collectif ne masque pas son exaspération. "Pendant quatre mois, nous avons accepté les réunions, tables rondes et concertations, mais aussi supporté les insultes de certains syndicats, les coups tordus, les atermoiements du ministère et l'ignorance de nos interlocuteurs", écrit-il dans un communiqué. "Comme nous le craignions, tout a été fait pour étouffer la voix des sages-femmes, faire traîner en longueur, épuiser le mouvement légitime de la profession", poursuit-il, avant d'appeler la ministre à prendre "ses responsabilités" et faire preuve de "vrai courage politique".

Interrogée à l'Assemblée nationale, Marisol Touraine a déclaré mardi qu'elle recevrait les conclusions du groupe du travail sur le statut "dans quelques jours". "A partir de là, je prendrai des décisions", a-t-elle affirmé. "A partir de là, aussi, s'engagera la discussion sur la revalorisation salariale des sages-femmes", a-t-elle ajouté.

Syndicats de fonctionnaires et collectif veulent un arbitrage rapide, de crainte qu'un remaniement ministériel vienne tout remettre à zéro.

Edouard Couty a confié à l'AFP espérer une décision "avant fin février". Le calendrier initial prévoit que la concertation dure jusqu'à la fin du mois de mars. "On n'attendra pas fin mars", rétorque l'intersyndicale de la fonction publique, pressée de savoir si les sages-femmes resteront fonctionnaires, afin de commencer à négocier les hausses de salaire.

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