Il y a soixante ans, la France ouvrait la voie à la greffe de rein

Le 25 décembre 1952, la première transplantation rénale au monde était effectuée à Paris, à l'hôpital Necker, par les docteurs Vaysse et Hamburger. Depuis la technique s'est perfectionnée, notamment avec le recours aux donneurs vivants. Mais le nombre de patients en attente d'une greffe de rein ne cesse d'augmenter... Soixante ans après, la greffe rénale est-elle en panne ?

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Il y a soixante ans, la France ouvrait la voie à la greffe de rein

"60 ans après la première greffe de rein, où en est-on ?" - Reportage du 19 décembre 2012

Le don croisé d'organe

Un donneur incompatible avec le receveur qu'il a initialement choisi peut autoriser la transplantation de son organe sain vers un receveur lui-même confronté à une incompatibilité. L'organe incompatible avec le second receveur, mais compatible avec le premier donneur, est greffé à celui-ci.

Si cette transplantation historique, réalisée à partir d'un donneur vivant, se conclut 21 jours plus tard par le décès du receveur, elle ouvrit la voie à ce type d'opération à l'échelle mondiale. Deux années plus tard, la première greffe réussie d'un rein est ainsi réalisée aux Etats-Unis, où suivrait dès 1962 la première greffe à partir du prélèvement sur un donneur décédé.

Chaque année, plus d'une dizaine de milliers de personnes en France sont en attente d'une greffe rénale. En 2010, moins d'un quart des 11.659 patients en attente de greffe rénale ont effectivement subi une transplantation, selon l'Agence de biomédecine.

A noter que seules 10% des transplantations ont été réalisées à partir d'un donneur vivant. Le don d'organes de son vivant, qui doit être gratuit et librement consenti, était encore récemment limité aux membres de la famille directe - oncles, cousins et grands-parents inclus - et aux conjoints partageant une vie commune depuis plusieurs années.

Depuis 2011, cette autorisation a été élargie à toute personne faisant la preuve d'un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur, ainsi qu'au don croisé d'organe (voir encart).

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