Décès à la maternité d'Orthez : un problème d'alcool pour l'anesthésiste

L'anesthésiste avec un "problème d'alcool pathologique" a été mise en examen jeudi pour homicide involontaire aggravé après le décès mardi d'une femme victime d'un accident d'anesthésie à la maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Après sa présentaton devant le juge d'instruction, le parquet a placé l'anesthésiste en détention provisoire.    

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Décès à la maternité d'Orthez : un problème d'alcool pour l'anesthésiste
Décès à la maternité d'Orthez : un problème d'alcool pour l'anesthésiste

C'est avec un taux d'alcoolémie "supérieur à 2 grammes" d'alcool par litre de sang que l'anesthésiste s'est présentée à la gendarmerie après le décès d'une jeune femme lors de son accouchement par césarienne sous anesthésie générale. Elle a indiqué aux enquêteurs avoir "un problème d'alcool pathologique".

Le médecin-anesthésiste de nationalité belge et âgée de 45 ans, a été mise en examen jeudi 2 octobre pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité", une infraction passible de 5 ans d'emprisonnement, selon le procureur, indiquant que le médecin "n'était pas dans son état normal au moment de l'intervention".

Employée à la maternité d'Orthez depuis le 12 septembre, elle assistait la patiente de 28 ans lors de son accouchement. L'accident est survenu dans la nuit du 26 au 27 septembre lors de l'accouchement par césarienne sous anesthésie générale de la jeune parturiente.

La jeune femme, victime d'un arrêt cardiaque, avait été transférée à l'hôpital de Pau où elle est décédée. Son bébé est sain et sauf.

Les autorités sanitaires ont décidé la suspension immédiate de l'activité de la maternité à la suite de cet accident qualifié de "grave" par l'Agence régionale de santé (ARS). 

À la suite de l'accident, une perquisition a été menée dans la clinique privée, a indiqué le Procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller à une correspondante de l'AFP.

La maternité d'Orthez relève de l'hôpital public, mais le bloc chirurgical et le personnel d'anesthésie sont mis à disposition par une clinique privée de la ville.

Parallèlement, l'ARS a diligenté une enquête afin de "vérifier les conditions de sécurité de l'activité d'anesthésie". Les résultats sont attendus en fin de semaine, a-t-on précisé auprès de l'agence sanitaire.

Cette affaire intervient alors que la maternité d'Orthez est en sursis faute de gynécologues-obstétriciens suffisants. Environ 800 personnes ont encore manifesté samedi pour réclamer son maintien.