Chikungunya : doit-on craindre une épidémie en France ?

Désormais implanté dans dix-huit départements du sud de la France, le moustique tigre menace l'Hexagone. Cette espèce envahissante, reconnaissable à ses rayures noires et blanches, fait craindre une épidémie de dengue et de chikungunya aux autorités sanitaires.

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Chikungunya : doit-on craindre une épidémie en France ?
Chikungunya : doit-on craindre une épidémie en France ?

Depuis le mois de mai 2014, 121 cas "suspects" de dengue et de chikungunya ont été rapportés en France, dans les dix-huit départements* infectés par le moustique tigre, selon le Dr Noel, épidémiologiste. Les tests en laboratoire ont pu confirmer qu'environ la moitié de ces cas étaient effectivement dus au virus du chikungunya (47 cas) ou de la dengue (15 cas). Principal vecteur de ces deux maladies virales, le moustique tigre devient un "risque sanitaire", selon Harold Noel, médecin spécialiste de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS). Cet insecte "agressif" pour l'homme a progressivement colonisé l'Europe méridionale.

L'épidémie déjà présente aux Antilles

Ces deux maladies proches, caractérisées par de fortes fièvres, des douleurs articulaires, et qui peuvent être fatales pour les personnes fragiles, touchent surtout les zones tropicales où ces moustiques pullulent. Mais pas seulement. La forte implantation du moustique tigre en Italie a conduit à une mini-épidémie de chikungunya en 2006/2007 avec 300 cas dans le nord-est de ce pays, rappelle le Dr Noel.

Il s'agissait essentiellement de cas "importés" de voyageurs et non pas de cas "autochtones", à savoir véhiculés par des moustiques vivant localement, explique l'épidémiologiste.

"Il s'agissait dans 95% de personnes qui revenaient des Antilles", précise le Dr Noel. Une épidémie sévit actuellement en Martinique et en Guadeloupe. Le virus du chikungunya a en effet touché 8% de la population en Martinique (31.720 cas, selon un décompte fait entre début décembre et le 1er juin 2014) et 7% en Guadeloupe (28.320 cas). Directeur scientifique à l'InVS, Jean-Claude Desenclos s'attend à ce que le nombre des malades progresse encore. "L'épidémie est encore devant nous", affirme-t-il.

Moustiquaires, répulsifs et diffuseurs

Compte tenu "des échanges incessants entre les Antilles et la métropole", les risques d'introduction en France et de dissémination de ces maladies seront accrus durant l'été, période où le moustique tigre est le plus actif, prévient-il.

Pour éviter la propagation des contaminations, les personnes infectées doivent impérativement éviter de se faire piquer par un moustique tigre qui pourrait infecter à son tour une autre personne. Elles doivent adopter moustiquaires, répulsifs et diffuseurs, selon le Dr Noel.

* Lot-et-Garonne, les Pyrénées-orientales, l'Aude, la Haute-Garonne, la Drôme, l'Ardèche, l'Isère, le Rhône, Gironde, Pyrénées-Atlantique, Aveyron, Saône-et-Loire, Ain, Savoie, Haute-Savoie

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