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Vaginisme, vestibulodynie, vestibulite... Mais de quoi s'agit-il ?

Vaginisme, vulvodynie ou vestibulite, trois termes barbares et méconnus.. Et pour cause, c'est un sujet tabou. Ces troubles sexuels féminins sont fréquents, responsables de douleurs ou brûlures au niveau des organes génitaux, et ils rendent la pénétration impossible. Bonne nouvelle, des solutions existent.

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Vaginisme, vestibulodynie, vestibulite... Mais de quoi s'agit-il ?
Vaginisme, vestibulodynie, vestibulite... Mais de quoi s'agit-il ?
Sommaire

Rappel de l'anatomie féminine et explications

Le vaginisme et la vestibulite expliqués par Michel Cymes et Marina Carrère d’Encausse

Le vagin est un conduit de six à huit centimètres qui va de la vulve au col utérin. Il est étroit au niveau de la vulve, dilaté au milieu, puis resserré près de son extrémité utérine où il entoure le col utérin (le cul-de-sac vaginal). Il est situé derrière la vessie et devant le rectum. Il est cerné par les muscles du périnée. Avant la première relation sexuelle, le vagin est fermé par l'hymen, mais après s'être déchiré, il ne reste qu'un vestige d'hymen qui forme de petites excroissances à l'entrée du vagin.

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Le vagin est richement vascularisé, mais faiblement innervé. À ces deux niveaux de la muqueuse vaginale, se trouvent des glandes qui sécrètent un mucus lubrifiant ainsi que la glaire cervicale.

Normalement, le vagin est capable de se dilater car il est souple et élastique. À 4 cm de la vulve, il y a les muscles pubo-coccygiens, ils forment un sphincter. Ces muscles permettent aussi de serrer la verge pendant l'acte sexuel et se contractent durant l'orgasme féminin.

Vaginisme, vulvodynie et vestibulite 

Mais les muscles pubo-coccygiens sont aussi responsables du vaginisme : la contraction de ces muscles ainsi que ceux du vagin vont empêcher toute intromission (que ce soit le pénis ou même le spéculum lors d'un examen gynécologique). Une contraction qui est totalement indépendante de la volonté de la femme, même si elle ressent du désir, son vagin reste fermé par un mécanisme réflexe. S'il est parfois provoqué par une malformation ou un hymen trop épais, il est le plus souvent d'origine psychologique,. La prise en charge repose sur l'apprentissage de son anatomie, une thérapie pour apprendre à contracter et à détendre consciemment les muscles du périnée, et pour comprendre l'origine du vaginisme. La patiente apprendra peu à peu à connaître son corps et à introduire dans le vagin un doigt ou un dispositif de diamètre croissant. Une kinésithérapie périnéale peut être associée, ainsi que de l'hypnose.

La vulvodynie est une douleur de la vulve, le suffixe "dynie" signifiant douleur. Les manifestations peuvent prendre la forme de brûlures, parfois de coupures, d'irritations ou même de déchirures et ils sont présents depuis plus de 3 mois. Ils surviennent spontanément ou sont provoqués par le contact comme l'insertion d'un tampon, un examen gynécologique, un rapport.  La pénétration est possible mais s'accompagne de douleurs intenses dans la région génitale, ce qui rend souvent l'acte sexuel irréalisable. 

Lorsque les symptômes sont localisés au vestibule, à l'entrée du vagin, la vulvodynie prend le nom de vestibulite vulvaire. Elle peut être présente dès le début de la vie sexuelle ou survenir ultérieurement. La prise en charge agit sur plusieurs axes : les muqueuses doivent être bien hydratées, surtout après la ménopause qui doit être traitée. Pour les rapports, en plus du lubrifiant, il est possible d'appliquer un anesthésique local et/ou de prendre un antalgique avant. Les séances de rééducation périnéale, avec des massages, sont intéressantes pour détendre la zone souvent très contractée (relaxation vaginale) et pour améliorer les tensions musculaires du périnée, qui sont très souvent présentes dans la vulvodynie. La douleur chronique étant très déstabilisante et usante pour les patientes, il ne faut aps hésiter à consulter un psychologue ou sexologue pour un soutien psychologique, à faire l'apprentissage de l'hypnose pour mieux vivre la douleur, ou de toute autre méthode de relaxation. 

Le vaginisme, vu par un homme

Témoignage anonyme d’un homme dont la femme a souffert de vaginisme

Cet homme est aujourd'hui comblé, mais cela n'a pas toujours été le cas. Son couple a été pendant des années mis à rude épreuve. La raison ? Le vaginisme dont souffrait sa femme.

Douleurs intimes : la kiné comme solution

Illustration d’une jeune femme qui fait des exercices de kiné pour soigner sa vulvodynie

Ce sont des douleurs dont les femmes n'osent pas souvent parler car elles relèvent de leur intimité, de leur sexualité. Mycoses vaginales, vaginisme ou encore vulvodynie... il est parfois difficile de comprendre les causes et les manifestations de ces douleurs localisées au niveau du vagin et de la vulve et qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie sexuelle.

Longtemps considérées comme taboues, ces douleurs intimes trouvent aujourd'hui un écho auprès de professionnels de santé bien informés et d'associations très actives pour venir en aide aux femmes et aux couples concernés.

En cas de vulvodynie ou de vaginisme, une rééducation auprès d'un kinésithérapeute est souvent nécessaire pour atténuer les douleurs et assouplir les muscles périnéaux.

Une thérapie avec un sexologue peut compléter la prise en charge. Elle permet de faire un travail psychologique.

Douleurs intimes : le coup de pouce de la sexothérapie

Séance de sexothérapie utilisant l'hypnose

En parallèle de la rééducation avec un kiné, un travail avec un sexologue peut s'avérer utile.

Les personnes qui souffrent de douleurs intimes ont souvent une mauvaise image de leur corps. Pour faciliter le travail de prise de conscience, les sexologues peuvent utiliser l'hypnose. "L'hypnose est un outil majeur pour travailler sur des choses qui sont de l'ordre de l'émotion, du ressenti, des sensations", explique Marie Boutet, sexologue hypnothérapeute.

Les séances de sexothérapie utilisant l'hypnose durent une cinquantaine de minutes. Elles coûtent en moyenne 75 euros et ne sont pas prises en charge.

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