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Le vaginisme, une pénétration douloureuse

Le vaginisme est une contraction réflexe des muscles qui entourent le vagin ; la pénétration est alors évitée, du fait de la douleur et de l'angoisse qu'elle provoque. Une prise en charge globale améliore ce trouble altérant la qualité de vie sexuelle et l'estime de soi.

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Le vaginisme, une pénétration douloureuse
Le vaginisme, une pénétration douloureuse - Crédit photo : Kanachaifoto - Fotolia.com
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Qu'est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme est une contraction des muscles qui entourent la partie basse du vagin, et qui rend la pénétration difficile, voire impossible. Les cuisses sont souvent serrées l'une contre l'autre et le corps contracté dans son ensemble. Il s'accompagne d'une grande angoisse de la pénétration, d'une grande détresse, parfois d'un sentiment d'être anormale, ou de honte. Par conséquent,  la pénétration est évitée. Relaté par les sexologues comme un des troubles sexuels féminins les plus fréquents, sa fréquence peine pourtant à être établie avec certitude. Cette réaction réflexe involontaire concernait 6% des femmes[1], d'après une étude française portant sur 519 patientes. La littérature scientifique l'estime entre 5 et 17%.

Bien souvent, les femmes qui souffrent de vaginisme apprécient les rapports et peuvent y prendre du plaisir, tant qu'il n'y a pas de pénétration. Elles l'évitent ce qui ciminue l'angoisse mais augmente la culpabilité vis-vis du partenaire. Par conséquent, la consultation d'un spécialiste ne se fait donc pas spécifiquement autour de la contracture, mais plus souvent en raison d'une impossibilité à avoir un enfant.

Le vaginisme peut avoir débuter dès le début de la vie sexuelle, il est alors qualifié de vaginisme primaire, et c'est la forme la plus fréquente. Ou il apparait secondairement, par exemple après un traumatisme psychologique ou sexuel. La contraction peut survenir avec tous les partenaires, ou certains seulement ; elle peut même concerner l'insertion d'un tampon ou d'un doigt.

Les dyspareunies, des douleurs à la pénétration

Toutes les douleurs lors de la pénétration ne sont pas dues au vaginisme. On distingue les douleurs au moment où le pénis entre dans le vagin, de celles qui surviennent plus profondément, durant la pénétration. Les premières peuvent être provoquée par des douleurs liées à une infection, une inflammation, une sécheresse vaginale, une épisiotomie. Ces causes, une fois traitées et guéries, laissent la "mémoire" de la douleur. Quant aux dyspareunies profondes, elles sont expliquées par une endométriose, d'un kyste, d'un fibrome, d'un utérus rétroversé,etc. Parfois, la cause est uniquement psychologique, liée à un conflit conjugal ou au rejet du partenaire (conscient ou de façon plus ambivalente). 


[1] Sexual behaviors and mental perception, satisfaction and expectations of sex life in men and women in France. Colson. J Sex Med. 2006 Jan. DOI:10.1111/j.1743-6109.2005.00166.x

 

Quelles sont les causes du vaginisme?

Rarement, le vaginisme peut avoir une cause organique, telle qu'une malformation, une cloison dans le vagin, un hymen épais et résistant, une chirurgie une infection, un traumatisme, une maladie de Crohn… Le plus souvent, il est d'origine psychologique, avec un retentissement physique passant par la contraction des muscles qui entourent le vagin.

Les facteurs psychologiques en jeu

Le vaginisme est un mécanisme de défense contre l'intrusion du pénis. Le plus souvent, il est lié à la peur de la douleur ou de la pénétration du pénis, vécue comme agressive ; il s'agit parfois d'une véritable phobie. Il peut être provoqué par une méconnaissance de son sexe, une crainte de la grossesse, une problématique relationnelle de couple avec une mésente. Les traumatismes sexuels (viol, tentative de viol, attouchements) sont également des causes de vaginisme secondaire et le traumatisme devra être pris en charge de façon spécifique.

Lorsque le vaginisme est primaire, on retrouve souvent une éducation stricte, culpabilisant la sexualité ou à une vision péjorative du sexe, d'origine familiale, éducationelle ou liée aux craintes de la mère. Parfois ce sont les parents qui refusent le partenaire, ce qui perturbe la jeune fille et sa sexualité. Dans certains cas, un partenaire maladroit ou inexpérimenté, ne sachant pas comment procéder, favorise le vaginisme.

Dans tous les cas, la douleur lors de pénétration provoque une appréhension de la prochaine pénétration. Cette appréhension va diminuer encore plus la lubrification, qui facilite habituellement le va et vient du pénis ou d'un doigt dans le vagin, baisse qui renforce également la contraction réflexe des muscles et donc la douleur. Un véritable cercle vicieux se met en place, qui est d'autant mieux traité qu'il est pris en charge tôt.

Une prise en charge sur plusieurs axes

Les sexologues se fondent davantage sur leur pratique pour affirmer l'efficacité des thérapies ci-dessous, que sur des études rigoureuses, comme l'a signalé une revue Cochrane[1] en 2012. Ces thérapies comportent l'apprentissage de l'anatomie, une thérapie comportementale, psychologique et/ou sexuelle, et parfois une thérapie de couple. 

Le vaginisme est une contraction réflexe ; le traitement consiste à modifier ce réflexe et il passe d'abord par une meilleure connaissance de l'anatomie féminine, puisque les patientes n'ont souvent pas conscience de leur vagin, ni de sa capacité à accueillir le pénis. Expliquer le mécanisme de la contraction réflexe aidera à mieux comprendre son trouble, à ressentir ce phénomène, puis à le modifier.

Les thérapeutes commencent en général par recommander des exercices de contraction-décontraction des différents muscles du corps (à l'aide d'exercices de sophrologie par exemple), en finissant par la vulve et le périnée. L'introduction d'un doigt et de dilatateurs vaginaux, avec du lubrifiant, aide à prendre conscience de la cavité du vagin. La thérapie peut faire appel à la kinésithérapie périnéale : la contracture est alors mise en évidence et un travail de rééducation est mis en place, avec l'apprentissage de la décontraction des muscles.

La relaxation ou l'hypnose sont d'une grande aide pour apprendre à la patiente à se détendre. En parallèle, les rapports avec pénétration sont interdits durant la thérapie, pour les dédramatiser.

Lorsque des conflits plus profonds sont en jeu, une psychothérapie est nécessaire pour comprendre les ressorts psychologiques, qui ont abouti au vaginisme. Enfin, le partenaire n'est pas oublié dans la prise en charge et il participe activement à la thérapie ; les difficultés de couple sont elles aussi prises en compte et résolues grâce à une thérapie de couple.

Certains traitements médicaux ont été proposés : anesthésiant local, comme la lidocaïne, toxine botulique, anxiolytique,… Ils n'ont pas fait la preuve formelle de leur efficacité.

Cet ensemble de moyens aboutit à réconcilier la femme qui souffre de vaginisme avec le plaisir, qui est un excellent anti-douleur.

Sources :


[1] Interventions for vaginismus. Melnik. 2012 Dec. doi: 10.1002/14651858.CD001760.pub2.

 

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