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Ordre des médecins : pas de santé communautaire

Dans un communiqué en date du lundi 11 août, l’Ordre des Médecins condamne fermement la constitution d’annuaires de professionnels de santé communautaires jugés contraires aux principes fondamentaux de la profession mais aussi de la République.

Rédigé le , mis à jour le

Ordre des médecins : pas de santé communautaire
Ordre des médecins : pas de santé communautaire

Une médecine universelle

« Engagés au service de la population, les professionnels de santé ont prêté serment de soigner avec le même dévouement et la même abnégation, quelles que soient les origines, la couleur de peau, la situation sociale ou les orientations religieuses, philosophiques ou sexuelles de leurs patients. Ils les écoutent, les examinent et les prennent en charge dans le respect de chacun, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions ».

Le communiqué du Conseil de l’Ordre des Médecins est clair la médecine est universelle. Déontologiquement, racisme et médecine sont incompatibles, mais qu’en est-il dans les faits ? Que s’est-il passé pour que l’instance qui représente l’ensemble des médecins fasse une mise au point ?

Rappel des faits

Mardi 2 août, la LICRA dénonce via son compte Twitter une « folie identitaire ».

Dans le viseur de la Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme, un compte twitter @LEGLOBULENOIR qui se définit comme un collectif de soignants racisés. Deux publications sont dénoncées. L’une contient une liste de gynécologues femmes et noires, et l’autre est une annonce dans laquelle est recherchée une infirmière racisée pour des soins à domicile.

Certains comprennent l'existence de telles listes et défendent leur intérêt.

D’autres y voient une dérive identitaire.

Depuis, le géant américain a fermé le compte Twitter. Pour autant, la question est bien d’actualité et comme tout débat sur les réseaux sociaux elle divise.

Une fois que les "pour" et les "contre" se sont exprimés, il reste à répondre à une question fondamentale. Qu’est-ce qui a poussé ce collectif à créer cette liste ? Toujours sur les réseaux sociaux. Des internautes défendent le droit d’aller consulter le médecin de leur choix. Rien ne s’y oppose et cela est même un droit. La question à laquelle il faut répondre est : qu’est-ce qui motive des patients « racisés » à s’adresser à des soignants qui leur ressemblent ?

On peut trouver des premiers éléments de réponse sur Twitter.

Nombreux sont également ceux sur la toile pour lesquelles se faire soigner par des « médecins racisés » est un gage de prise en charge et dénonce le « syndrome méditerranéen ».

Le syndrome méditerranéen : de la méconnaissance culturelle aux préjugés racistes

L’affaire « Naomi Musenga » a suscité de l’émoi. Elle a aussi permis de libérer la parole d’une minorité jusqu’ici silencieuse dénonçant des préjugés racistes lors de leur prise en charge médicale. C’est à ce moment que bon nombre d’entre nous découvre le « syndrome méditerranéen ». Pas besoin de chercher dans les dictionnaires médicaux. Ce "syndrome" n'est pas répertorié  mais pourtant bien réel. Il désigne des préjugés racistes de soignants à l’encontre des patients étrangers.

A ce jour, aucune étude ne permet d'évaluer de manière précise les conséquences de "ce syndrome" sur la prise en charge des patients "racisés". Pourtant, il faudra confronter le monde médical à cette réalité non pas forcément pour cautionner des revendications identitaires mais simplement pour éviter des errances de diagnostic, des erreurs médicales, ou encore des négligences qui peuvent mener à la mort.