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Hôpital en crise : le cri d'alarme de mille médecins et cadres de santé

Un collectif de mille médecins hospitaliers et cadres de santé s'alarme de la "nouvelle cure de rigueur budgétaire" imposée aux hôpitaux et dénoncent une "baisse de la qualité des soins", dans une tribune publiée par Libération.

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Hôpital en crise : le cri d'alarme de mille médecins et cadres de santé
Hôpital en crise : le cri d'alarme de mille médecins et cadres de santé

Avec 1,6 milliard d'euros d'économies à réaliser en 2018, le budget des hôpitaux n'augmentera que de 2%, soit moitié moins que leurs charges, rappellent les signataires de la tribune lancée par les professeurs André Grimaldi, Jean-Paul Vernant et le docteur Anne Gervais. 

Depuis 2005, le financement public des établissements de santé dépend du nombre de séjours enregistrés et des actes pratiqués par les médecins. Ainsi, à chaque acte médical correspond un prix bien spécifique. C’est la tarification à l’activité, ou T2A. Ce système a engendré une course à l'activité, amenant certains établissements à réaliser des actes médicaux inutiles, tout en gardant les patients le moins longtemps possibles sur site.

"Les hôpitaux sont donc condamnés à augmenter sans cesse leur activité tout en réduisant le nombre de leurs personnels", expliquent-ils. "Ce « toujours plus avec toujours moins » entraîne une dégradation des conditions de travail, provoquant épuisement et démotivation des soignants et en conséquence, une baisse de la qualité des soins", estiment les professionnels hospitaliers.

Limiter la place de la T2A à certains soins

Saluant la volonté de la ministre de la Santé Agnès Buzyn de revoir le mode de financement des hôpitaux, qui repose sur la tarification à l'activité (T2A, voir encadré) et a, selon les propos de la ministre, "fait croire à l'hôpital public qu'il devait se sentir une âme d'entreprise", ils exposent leurs conditions à "l'amélioration de la pertinence des soins". Parmi elles, la limitation de la place de la T2A "aux soins standardisés et programmés ", ou la mise en place d’autres modes de financements " pour les soins non standardisés et non programmés ".

Les signataires appellent également à maintenir "dans chaque unité de soin un taux de soignants présents permettant de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins", en modulant l’activité "[lorsque] ces conditions ne sont pas remplies", "sans que cela n’entraîne de suppression automatique de personnels".

"François Hollande avait promis l’abandon du « tout-T2A », Emmanuel Macron a fait la même promesse", rappellent les signataires. "Il faut maintenant agir vite avant qu'il ne soit trop tard".

Malaise ambiant dans la profession

Parallèlement à la publication de cette tribune, un "Grenelle de l'hôpital" a été réclamé par voie de communiqué par deux intersyndicales de praticiens hospitaliers (Avenir hospitalier et CPH) dénonçant une situation hospitalière "explosive". En 10 ans, "la souffrance au travail est devenue un lieu commun à l'hôpital public", déplorent-elles. Selon elles, les "problèmes rencontrés" au CHU de Grenoble, épinglés dans un rapport commandé par le ministère après le suicide d'un neurochirurgien début novembre, "existent partout ailleurs".

De leur côté, une pétition lancée le 14 janvier par les urgentistes Patrick Pelloux, Christophe Prudhomme et Sabrina Ali Benali récoltaient plus de 25.000 signatures en deux jours. Les signataires y dénoncent "l'insuffisance des effectifs et des moyens" dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et dans les service d'aide à domicile.

avec AFP

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