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Déserts médicaux : les pistes des médecins libéraux

Consultés par le gouvernement, les médecins libéraux ont détaillé leurs propositions pour lutter contre le manque d’installation des médecins dans certaines zones. Au programme : développement des stages des futurs médecins et un meilleur accompagnement de ceux qui souhaitent s’installer.

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Déserts médicaux : les pistes des médecins libéraux
Le gouvernement veut doubler le nombre de maisons de santé d'ici à 2022.

Indemnités de logement pour les internes, places en crèche pour les enfants... Le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a détaillé jeudi ses pistes pour lutter contre les déserts médicaux, en prévision du plan promis pour septembre par le gouvernement. "Il faut que tout le monde se retrousse les manches", a prévenu lors d'un point de presse le président du syndicat, Jean-Paul Ortiz, attendu vendredi au ministère de la Santé et à l'Elysée dans le cadre des "concertations" lancées par le gouvernement.

Le temps de "monsieur Bovary", le médecin de campagne campé par Flaubert, est révolu et les jeunes médecins ne s'établiront plus "au pied de chaque clocher de France", a-t-il affirmé, saluant le refus de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de toucher à la liberté d'installation. Le CSMF plaide pour une liste de solutions destinées à combler le manque de praticiens dans certaines zones :

-Rendre obligatoire un stage "d’au moins 12 mois" en ville en médecine générale et au moins six mois pour les autres spécialités pendant l’internat

-Améliorer la rémunération de maîtres de stage pour encourager les libéraux à le devenir

-Garantir des indemnités pour le logement et le transport aux stagiaires en dehors de leur lieu d’étude

-Que les collectivités territoriales facilitent l’installation de la famille du médecin en aidant son conjoint à trouver un travail ou en plaçant ses enfants en crèche

-Les actes de télémédecine doivent être rémunérés selon la "grille tarifaire habituelle" et les médecins doivent être "accompagnés" en matière d’équipement

Autres préconisations : le développement de l'exercice mixte (salarié et libéral), du salariat entre médecins, du cumul emploi-retraite ou encore de la délégation de tâches entre professionnels. Jean-Paul Ortiz s'oppose en revanche à l'augmentation du numerus clausus (nombre d'étudiants admis en seconde année de médecine) étudiée par le gouvernement.

La plupart de ses propositions sont très proches de celles de la FMF, un autre syndicat représentatif, détaillées mercredi dans un communiqué, comme un stage obligatoire d'un an en libéral pour tous les étudiants ou un salaire doublé pour les stages effectués loin de la faculté. "Qu'on nous écoute enfin !", plaide le président de la FMF, Jean-Paul Hamon.

Mardi devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, Mme Buzyn a assuré que son plan essaierait "de lever tous les blocages administratifs" gênant les exercices mixtes ou la délégation de tâches et disposerait d'un "budget dédié" dans le prochain budget de la sécurité sociale. Le gouvernement table aussi sur le doublement des maisons de santé d'ici à 2022.

Avec AFP

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