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Greffe : donner son foie de son vivant

Le foie est un organe qui a une capacité étonnante : il peut régénérer. Il est donc possible de donner de son vivant un morceau de son foie à un proche malade. Ces greffes sont rares en France, seulement une quinzaine par an.

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La greffe de foie à partir d'un donneur vivant.

En cas de cancer du foie, avant de commencer la greffe, les chirurgiens doivent vérifier que le cancer ne s'est pas étendu en dehors du foie. Si tel est le cas, la greffe est inutile. Pour prendre la décision finale, ils s'appuient sur des examens réalisés préalablement mais aussi sur leurs observations pendant une chirurgie exploratrice.

Dans un autre bloc opératoire, une seconde équipe va prélever le greffon sur un proche du malade, en parfaite santé. Les chirurgiens essaient donc de limiter au maximum le risque de complications pour le donneur. L'opération débute par une coelioscopie, une technique moins invasive que la chirurgie ouverte.

Pour préparer le greffon, il faut d'abord bien isoler l'organe. Puis il faut partager les veines et les canaux biliaires entre le bout de foie qui restera dans le ventre du donneur et le greffon qui doit fonctionner de façon indépendante.

Pendant ce temps, dans le premier bloc opératoire, l'autre équipe retire le foie malade. Ils n'ont alors plus qu'à attendre le greffon. Pour terminer de le préparer, le chirurgien réalise une petite incision dans le ventre du donneur. Dernière étape avant la coupe, une radiographie permet de visualiser les voies biliaires dans le foie afin de savoir à quel endroit le couper. Historiquement, les chirurgiens avaient l'habitude de prélever 50 à 60% du foie pour le greffer. Depuis quelques années, ils essaient de prendre un bout de foie beaucoup plus petit qui représente environ un tiers de l'organe. Le but étant de réduire le risque de complications chez le donneur.

Plusieurs heures après le début de l'opération, le greffon est prélevé. Il est d'abord pesé, puis il faut le nettoyer pour éviter que le sang ne coagule à l'intérieur. Ensuite le chirurgien le prépare pour la greffe, il suture les veines, les artères et les voies biliaires. Le précieux greffon est alors prêt à être installé dans le ventre du receveur.

À l'aide d'un microscope, la première équipe suture l'artère qui permet au sang d'arriver dans le foie. Une dernière étape particulièrement délicate, réalisée plusieurs heures après la première incision. Le donneur reste hospitalisé moins d'une semaine. Quant au receveur, il passe environ un mois à l'hôpital.

Cette opération exceptionnelle est une nouvelle technique destinée à faire prendre le moins de risque possible au donneur. L'idée est de prendre un petit bout de foie au donneur et faire une plus petite incision. Il s'agit de la technique dite du "petit greffon - petite incision".

Pour ce type de cancer, la greffe change totalement le pronostic vital des patients. Avant opération, l'espérance de vie est d'environ deux ans alors qu'avec la greffe, le taux de survie est de 80% à cinq ans voire à dix ans.

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