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Médecine légale : savoir distinguer vraie et fausse noyade

La Seine est une pourvoyeuse de cadavres très généreuse. Pas un jour sans que l'on repêche dans son lit des noyés plus ou moins récents. Mais il y a des noyades très différentes. Dans l'imaginaire collectif, est noyé tout corps retrouvé flottant mort dans l'eau. Mais d'un point de vue médico-légal, c'est totalement faux. Les explications avec le Dr Philippe Charlier, médecin légiste.

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Médecine légale : savoir distinguer vraie et fausse noyade

Un noyé est un individu mort par asphyxie, par inhalation d'un liquide en lieu et place de l'air. On parle de noyé vrai ou de noyé bleu parce qu'à l'autopsie, il est très congestif et de couleur pourpre ou bleuâtre en raison des efforts de respiration qui ont transformé son aspect général au cours de l'agonie.

Mais il y a aussi les faux noyés. Un homme en train de nager qui fait subitement une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, n'aura pas le temps de s'asphyxier, il va mourir sur le coup. À l'autopsie on parlera d'un noyé blanc. Deuxième grand type de faux noyés : les morts criminelles par arme à feu, arme blanche… dont les cadavres sont ensuite jetés à l'eau pour s'en débarrasser.

Alors pourquoi les corps ne sont-ils pas toujours retrouvés immédiatement ? Tout simplement parce qu'ils coulent peu après la mort et ils dérivent entre deux eaux le long du cours du fleuve.

La température est généralement plus basse que celle de l'air ambiant, le taux d'oxygène est moindre donc la décomposition et la putréfaction vont être ralenties. De telle sorte qu'un corps peut couler en septembre et ne remonter à la surface qu'au printemps suivant quand les températures redeviennent clémentes. La putréfaction reprenant, elle libère des gaz qui font comme un bouchon flotter le cadavre. Voilà comment des corps ne sont rendus que plusieurs mois après le décès.

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