Qui dirigera l’Organisation mondiale de la santé jusqu'en 2022 ?

[dernière mise-à-jour : 17h20] Les 194 états membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vont élire ce 23 mai, à huis clos, celui ou celle qui remplacera en juillet la Chinoise Margaret Chan, qui est restée à la tête de cette agence de l'ONU durant deux mandats de cinq ans. A l'issue d'un premier tour de scrutin éliminatoire pour la cardiologue pakistanaise Sania Nishtar, les Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus et le Dr David Nabarro restent seuls en lice.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Pour la première fois, les États membres de l'OMS pourront choisir sur une liste de trois candidats. Auparavant, le Conseil exécutif ne soumettait qu'un seul candidat à l'Assemblée mondiale de la santé, qui procédait à la nomination finale. Les trois candidats encore en lice dans la matinée du 23 mai, deux hommes et une femme, sont le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (Ethiopie, 52 ans), le Dr David Nabarro (Royaume-Uni, 67 ans) et le Dr Sania Nishtar (Pakistan, 54 ans). Cette dernière a été éliminée à l'issue du premier tour de scrutin (voir encadré), selon une information rendue publique dans l'après-midi.

Le Dr Margaret Chan (Chine) avait été élue pour la première fois à ce poste en 2006 et elle terminera son second mandat le 20 juin.

L'élection du nouveau patron de l'OMS se déroule dans le cadre de la 70e Assemblée mondiale de la santé (22 au 31 mai à Genève), lors de laquelle les membres doivent adopter un budget pour 2018/2019 et débattre de multiples sujets allant de la réponse aux urgences sanitaires aux maladies non transmissibles en passant par l'éradication de la variole ou la lutte contre la pénurie mondiale de médicaments et de vaccins.

L'élection débute à 14h heure de Paris, avec les discours des trois finalistes, qu'il sera possible de voir sur Internet. Seules les délégations des Etats membres pourront entrer dans la salle.

Qui étaient les trois candidats en lice ce matin ?

Le Dr Nabarro, 67 ans, exerce depuis 1999 des fonctions de responsabilité au sein des Nations unies et de l'OMS. Il a notamment fait la Une de nombreux médias entre août 2014 et décembre 2015 comme envoyé spécial de l'ONU pour la lutte contre la maladie à virus Ebola.

Le Dr Tedros, 52 ans, ex-ministre éthiopien de la Santé puis des Affaires étrangères, est soutenu par l'Union Africaine. Chercheur renommé sur le paludisme, il pourrait devenir le premier Africain à diriger l'OMS.

Le Dr Nishtar, 53 ans, est une cardiologue pakistanaise. Elle travaille depuis 2014 au sein de l'OMS comme coprésidente de la Commission pour mettre fin à l'obésité de l'enfant. En 2015, elle avait été une candidate malheureuse au poste de Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Elle a été éliminée au premier tour du scrutin.

L’enjeu de la mandature : la transparence

L'OMS est probablement l'agence des Nations unies la plus influente, car elle coordonne les réponses aux pandémies, mais fixe également des normes pour les systèmes de santé nationaux y compris dans les pays occidentaux.

Durant la présidence de Mme Chan, l'OMS a notamment souffert d'accusations de manque de transparence. L'organisation avait en outre été critiquée pour son manque de discernement sur la gravité de la crise d'Ebola en Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016, qui a causé plus de 11.300 morts, dont plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Mme Chan a reconnu ce 22 mai que l'épidémie avait "pris tout le monde, y compris l'OMS, par surprise". L'OMS a ensuite toutefois "réussi à contrôler trois flambées et a donné au monde le premier vaccin de l'Ebola qui confère une protection importante", a-t-elle déclaré.

avec AFP

Une élection à huis clos et à scrutin secret

La nomination du directeur général nécessite une majorité des deux tiers des membres votants. Si aucun candidat n'obtient la majorité requise, le candidat qui recueille le plus petit nombre de voix est éliminé. Au tour de scrutin suivant, le candidat obtenant la majorité des deux tiers est nommé directeur général. A nouveau, si aucun candidat n'obtient la majorité requise, celui qui obtient au tour suivant la majorité ou plus des Etats membres remporte l'élection.