Santé dans le débat : les arguments des candidats décryptés
Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont affrontés hier lors d'un débat d'entre-deux-tours très tendu. Entre les invectives, nous avons relevé quelques échanges concernant la santé. Décryptage de notre spécialiste politique, Rudy Bancquart.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Rudy Bancquart : "Comme souvent, la vérité est un peu plus complexe. Dans les faits, il est vrai que 80% des principes actifs - substances de base des médicaments - sont fabriqués dans des usines à l'étranger, notamment en Chine et en Inde. La taxe promise par Marine Le Pen s'appliquera donc aux principes actifs importés.
"Mais il faut nuancer : une bonne part des médicaments sont ensuite assemblés dans des usines de l'Union européenne et en France. Donc s'il devait y avoir une augmentation des prix, ce sera une augmentation partielle, mais sur la partie la plus importante du médicament."
Rudy Bancquart : "Pour faire face aux déserts médicaux, Marine Le Pen et Emmanuel Macron souhaitent augmenter le numerus clausus, c'est-à-dire former plus de médecins. Mais tous deux ont été assez imprécis, se gardant bien de donner des chiffres.
"Cette mesure a deux limites : on n'en verra les effets que dans dix ans car les études de médecine sont longues. De plus, elle ne règle pas la question de la répartition des médecins sur le territoire, qui est le principal problème actuellement. Vous pouvez former davantage de médecins, mais s’ils restent concentrés dans les grandes villes, cette mesure n'aura pas d'impact sur les déserts médicaux.
"Il faut savoir que ce numerus clausus a été relevé de 478 places par le gouvernement actuel pour 2017, soit une hausse de 6%. Des effectifs supplémentaires qui seront répartis selon les besoins de chaque région."
Rudy Bancquart : "Emmanuel Macron en a fait sa « carte blanche », à la fin du débat. Il a promis une « augmentation de l’allocation adulte handicapé qui passerait à 900 euros contre 808 euros aujourd’hui », « davantage des postes d’auxiliaires de vie scolaire », et « la création de places pour les jeunes autistes, dans des structures, afin qu’ils n’aillent plus à l’étranger ».
"Marine Le Pen ne l'a pas interrompu sur ce point. Elle a repris la proposition de Nicolas Dupont-Aignan d’accorder une part fiscale pleine pour un enfant en situation de handicap. Elle a elle aussi promis la création de centres pour les enfants autistes, « absents de la solidarité nationale »."