Coupes budgétaires drastiques dans les hôpitaux

Trois milliards d'euros. C'est l'économie que prévoit le ministère de la Santé dans le secteur hospitalier pour 2017. Les premiers touchés par les économies pourraient être le personnel hospitalier, dont la masse salariale devrait être fortement réduite, selon des informations recueillies par le site économique Challenges, le 27 février.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Les restrictions budgétaires dans le secteur hospitalier risquent d'être sévères d'ici à 2017. "Le ministère de la Santé table sur une maîtrise de la masse salariale de l'ordre de 860 millions, soit l'équivalent de 22.000 postes et 2% des effectifs de la fonction publique hospitalière", affirme le site Challenges.fr, s'appuyant sur un "document du ministère". Par ailleurs, "la mutualisation des achats des hôpitaux et l'obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs doivent dégager 1,2 milliard", et "les rapprochements entre hôpitaux voisins quelque 450 millions d'euros" détaille le site économique.

Le développement de la chirurgie ambulatoire, qui permet une sortie de l'hôpital le jour de l'intervention, "doit générer 400 millions" d'euros et "la réduction des durées d'hospitalisation 600 millions". Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé joue sur les mots, en précisant que "les économies doivent s'entendre non pas comme une réduction des dépenses, mais comme une évolution maîtrisée de l'augmentation des dépenses". Ces efforts se traduiraient donc inévitablement par un frein dans les dépenses de santé.

La masse salariale, premier levier ?

Les dépenses hospitalières augmentent naturellement chaque année en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation des pathologies chroniques. Mais leur progression est limitée par l'Objectif national des dépenses de l'Assurance maladie (Ondam). Il a été fixé par le gouvernement à 2,1% pour 2015. "Les efforts visent tous les secteurs d'activité, pas seulement le secteur hospitalier", a commenté le ministère, assurant que "des travaux visant l'amélioration des organisations et des pratiques sont toujours en cours". Les précisions manquent donc encore de clarté.

En avril dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait présenté dans les grandes lignes son plan pour dégager 10 milliards d'euros d'économies pour l'Assurance-maladie d'ici à 2017, dont 2 milliards d'euros pour l'hôpital et 1 milliard grâce au développement des soins ambulatoires. La prise en charge en ambulatoire entraîne, par définition, des suppressions de postes, puisque, comme le patient rentre chez lui pour la nuit, les gardes nocturnes ne sont plus assurées. La Fédération hospitalière de France (FHF) rappelle de son côté que, dans un contexte budgétaire contraint, la masse salariale peut devenir un levier, les dépenses de personnel représentant près de 70% du budget des établissements de santé.

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