Paracétamol : comment les autorités de santé tentent d'éviter la pénurie

Des problèmes d’approvisionnement de paracétamol pourraient durer tout l’été. Pour y faire face, l’agence du médicament a décidé de restreindre les quantités livrées aux pharmacies.

Muriel Kaiser avec AFP
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L’ANSM appelle les Français à demander du paracétamol uniquement en cas de "besoin immédiat"
L’ANSM appelle les Français à demander du paracétamol uniquement en cas de "besoin immédiat"  —  Shutterstock

"À ce jour, il existe des retards d'approvisionnement des formes orales et des suppositoires de paracétamol", explique l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ces difficultés de production s'ajoutent à une demande croissante de paracétamol, en raison du nombre de cas positifs au Covid-19 cet été.

Alors, pour "sécuriser la situation en ville et préserver les stocks disponibles, l'ANSM a mis en place plusieurs mesures : nous nous sommes assurés de la mise en œuvre d'un contingentement quantitatif par les laboratoires au niveau de la vente aux grossistes et de la vente directe aux officines", explique l'agence.

Mieux répartir les stocks

L’objectif de cette mesure : "répartir équitablement les approvisionnements sur l'ensemble du territoire et de préserver les stocks disponibles dans le temps". Pour y arriver, l’ANSM indique avoir interdit temporairement l'exportation de ces médicaments par les grossistes.  

Cette réorganisation va permettre que "l'ensemble des patients puissent avoir accès au médicament", assure Mélanie Cachet, directrice adjointe de la direction de l'inspection de l'ANSM. 

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Une situation temporaire

L’ANSM appelle les Français à demander du paracétamol à leur médecin ou pharmacien uniquement en cas de "besoin immédiat". Les pharmacies, elles, doivent limiter leurs commandes, privilégier la dispensation sur ordonnance et réguler la vente selon les besoins des patients.  

Les tensions actuelles sont les conséquences de plusieurs mois : "on a toujours une forte demande depuis l'hiver, à cause du Covid et de la grippe, donc les stocks ne se reconstituent pas", explique Philippe Besset, président du syndicat de pharmaciens FSPF. La situation ne devrait plus durer : "d'après les données disponibles à ce stade, elle devrait revenir à la normale à l'issue de la période estivale", estime l’ANSM. 

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