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Ebola : les mesures prises par les gouvernements occidentaux

Depuis son apparition en Afrique de l'Ouest au début de l'année 2014, le virus Ebola est responsable de près de 3.900 décès dans la région. L'épidémie s'est exportée au-delà des frontières africaines. Plusieurs cas ont été recensés en Europe, et un mort aux Etats-Unis. Le point sur les mesures prises par les gouvernements occidentaux.

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Ebola : les mesures prises par les gouvernements occidentaux
Ebola : l'Europe et les Etats-Unis renforcent leur vigilance (Photo :© Sherry Young LPN - Fotolia.com)

Surveillance renforcée dans les aéroports pour les passagers en provenance des pays touchés par le virus Ebola ou encore mise sous quarantaine des personnes ayant été en contact avec des malades : les pays européens et nord-américains prennent des précautions pour éviter la propagation du virus sur leur territoire.

En France, une patiente déjà guérie

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, souhaite obtenir un renforcement des contrôles au départ des pays touchés par l'épidémie. Elle a déclaré sur i-Télé que le contrôle à l'arrivée des voyageurs "n'est pas la solution miracle" pour lutter contre la propagation d'Ebola. Même si l'idée de mettre des contrôles à l'arrivée "apparaît simple et une mesure de bon sens", selon elle.

Marisol Touraine rappelle qu'il n'y a actuellement aucun cas de malade du virus d'Ebola sur le territoire français. Aucune personne n'est actuellement surveillée "parce que l'on s'inquiéterait de savoir si elle pourrait avoir Ebola".

L'infirmière de Médecins sans frontières (MSF), contaminée par le virus Ebola lors d'une mission au Liberia, est maintenant guérie et sortie de l'hôpital. Elle fait l'objet d'un suivi médical "extrêmement régulier qui va durer quelques semaines, le temps de sa convalescence", a dit la ministre.

"Le risque zéro n'existe pas. On ne peut pas écarter a priori la possibilité qu'un autre cas d'Ebola arrive sur le territoire français", a-t-elle ajouté.

En Espagne, premier cas contaminé en Europe

L'aide-soignante espagnole est le premier cas de contamination du virus Ebola sur le territoire européen, après avoir été en contact avec des malades rapatriés. Son état de santé s'est détérioré. "Sa situation clinique s'est dégradée mais je ne peux pas livrer davantage d'informations", informe à la presse le jeudi 9 octobre 2014 une responsable de l'Hôpital au sujet de Teresa Romero, la première patiente infectée hors d'Afrique.

Une faille du système de sécurité sanitaire européen qui pousse l'Union européenne à resserrer les mailles du filet pour arrêter Ebola. Les experts considèrent avoir les armes pour endiguer la propagation du virus sur le continent. Compte-tenu du niveau des normes sanitaires et médicales en Europe, "la situation ne peut pas être comparée à ce qui se passe en Afrique. Une épidémie d'Ebola en Europe est hautement improbable", a assuré mercredi le porte-parole santé de la Commission européenne, Frédéric Vincent.

Même si la faille ayant permis la première contamination sur le sol européen n'a pas été identifié, il y a bien eu hiatus, ce qui doit "faire retentir une sonnette d'alarme" selon un diplomate européen. "Nous sommes censés avoir des règles, du matériel, des techniques d'habillage et de déshabillage, mais on se rend compte que ce n'est pas efficace à 100%, car peu de maladies nécessitent de telles précautions pour éviter la contagion, et les réflexes ne sont pas acquis", souligne un expert.

L'affaire du chien de l'aide-soignante espagnole, euthanasié, au grand dam des défenseurs de la cause animale, est loin d'être anecdotique. Depuis des mois, l'UE coordonne sa parade, établissant les règles à suivre et les moyens à dégager, identifiant les hôpitaux et les personnels aptes à être mobilisés.

En Allemagne, trois cas recensés

Un Soudanais, employé de l'ONU et contaminé par Ebola, est arrivé à Leipzig (Est) jeudi 9 octobre 2014 en provenance du Liberia, ont indiqué les autorités locales, ce qui porte à trois le nombre de patients soignés en Allemagne.

Un autre malade, un médecin ougandais travaillant pour une organisation d'aide italienne, est soigné depuis vendredi dans un hôpital à Francfort (Ouest).

La fièvre hémorragique Ebola a fait 3.865 morts sur 8.033 cas enregistrés dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal) et aux Etats-Unis, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arrêté au 5 octobre et publié mercredi à Genève.

Aux Etats-Unis, un patient décédé à Dallas

Thomas Eric Duncan, qui avait contracté le virus au Liberia avant de ressentir les premiers symptômes après son arrivée aux Etats-Unis, est mort mercredi 8 octobre. Il était hospitalisé à Dallas depuis le 28 septembre.

M. Duncan était arrivé à Dallas le 20 septembre sans symptômes, en provenance du Liberia via Bruxelles. Il avait commencé à avoir des symptômes le 24 septembre. Il a été finalement hospitalisé le 28 septembre et placé en quarantaine.

Il s'était rendu aux Urgences une première fois, mais avait été renvoyé chez lui alors qu'il était déjà contagieux. Une personne infectée devient contagieuse dès qu'elle présente les premiers symptômes de la maladie.

Les Etats-Unis vont renforcer leurs contrôles des voyageurs en provenance d'Afrique de l'Ouest dans cinq grands aéroports du pays : JFK à New York, Newark dans le New Jersey, en banlieue de New York, Washington-Dulles près de la capitale fédérale, et les aéroports internationaux d'Atlanta et de Chicago.

La mesure concernera environ 150 passagers par jour : leur température sera contrôlée et ils seront soumis à un questionnaire sur les contacts qu'ils auraient pu avoir avec des malades dans le pays de provenance. Si des personnes ont de la fièvre ou d'autres symptômes suspects, ou ont eu des contacts suspects, elles seront placées en quarantaine par les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

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