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Coronavirus : vers une mutinerie générale dans les prisons ?

Depuis la semaine dernière, une quarantaine d’incidents ont eu lieu dans les centres pénitentiaires de France. 

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Coronavirus : vers une mutinerie générale dans les prisons ?

1 600 détenus en moins dans les établissements pénitentiaires, c’est ce qu’a annoncé hier Nicole Belloubet, ministre de la Justice. En raison du confinement, ils sont nombreux à ne pas supporter les restrictions dont la suspension des parloirs ou encore l’annulation des activités.

A Béziers, Paris, Fleury-Mérogis et au Mans, des prisonniers ont refusé de rejoindre leur cellule. Nombreux appellent sur les réseaux sociaux à une mutinerie générale. À Uzerche en Corrèze, des bureaux de l’administration ont aussi été saccagés.

Les surveillants sans masque

Entre les murs, la tension monte, en même temps que la peur d’être contaminé par le virus. « Tous les jours, les gens ont peur de tomber malade. Personne n’ose toucher les portes des grilles, on n’ose rien toucher ! Le seul moyen par lequel on peut être contaminé, c’est par les surveillants. Ils arrivent sans masques, ils viennent nous voir. Nous les côtoyons tous les jours, à la gamelle du midi et le soir, pour les promenades. On est à moins d’un mètre d’eux. Même si on fait attention, c’est dur de respecter les consignes », confirme un détenu de Corbas.

En prison, le personnel n’est effectivement pas équipé de masques ou de gants. Les réserves de l’Etat sont allées en priorité aux soignants. Les surveillants ont alors reçu pour seule consigne de se laver les mains, de tousser dans leur coude et de respecter un mètre de distance entre les personnes. Mais pour Didier Kandassamy, secrétaire local de Force ouvrière pénitentiaire à Fleury-Mérogis, « il est très difficile en prison on le sait, d’appliquer les gestes barrière. On n’est pas dupe, on sait que c’est compliqué. »

S'adapter pour mieux protéger

L’Administration pénitentiaire l’assure, des masques doivent être livrés cette semaine. En attendant les prisons s’organisent, certains bâtiments sont maintenant dédiés à l’accueil des détenus confinés. 315 prisonniers sont aujourd’hui isolés des autres. 

Si le chiffre paraît élevé, c’est aussi parce que les soignants ne prennent aucun risque. « Dès qu’on dépiste des gens qui présentent des signes (…), on les isole, on les laisse enfermés dans la prison. C’est assez mal vécu. C’est un confinement dans la prison », explique le docteur Patrick Vogt, praticien hospitalier rattaché à la maison d’arrêt de Mulhouse.

Pour limiter les contacts entre les détenus, le nombre d’entrée quotidienne en prison a considérablement réduit : une trentaine contre plus de 200 habituellement. Pour compenser la suspension des parloirs et calmer les tensions, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé hier certaines mesures comme la libération anticipée pour des détenus arrivant en fin de peine, ainsi que des remises de peine supplémentaires. Pour le gouvernement, l’enjeu est aussi de vider les établissements surpeuplés et de réduire les risques de contamination. 

 

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