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Greffe fécale : une solution contre l’antibiorésistance

Une équipe de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches teste des transplantations d’extraits de bactéries de selles pour éradiquer des germes résistants.

Rédigé le , mis à jour le

Greffe fécale : une solution contre l’antibiorésistance

Des seringues remplies de selles. Le dispositif a de quoi surprendre et pourtant, il permettra peut-être à Sylvie Ledru de retrouver une vie normale. Opérée en 2012 d’une hernie discale, elle contracte une infection nosocomiale qui entraîne de graves complications et notamment des infections urinaires à répétition. Son microbiote est dégradé, il est devenu antibiorésistant. Le traitement devient de plus en plus difficile. "Il me reste quelques options thérapeutiques mais c’est très contraignant : uniquement des antibiotiques à délivrance hospitalière et par perfusion continue", explique-t-elle.

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L’idée de l’équipe du docteur Davido de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, est de lutter contre les bactéries antibiorésistantes qu’a développé la patiente en transplantant un extrait de microbiote d’un donneur sain. Pour cela, les selles du donneur en bonne santé ont été recueillies puis préparées et stockées dans des seringues. "On réalise une transplantation de microbiote fécale, qui sont des extraits de bactéries de selle d’un individu sain qui ont été congelé au moins 8° puis décongelé et qui permettent de jouer le rôle de bactéries saines, de compétiteur avec l’ambition d’éradiquer les bactéries résistantes dont le patient est porteur", décrit le docteur Davido.

Hausse de l'antibiorésistance

L’objectif est que l’organisme de la patiente duplique cette bactérie saine et se débarrasse du microbiote antibiorésistant. La greffe est réalisée par le médecin dans une chambre d’hôpital, à l’aide d’une sonde nasale via laquelle il administre le contenu des seringues. Après quelques heures en observation, la patiente pour rentrer à son domicile.

La question de l’antibiorésistance devient de plus en plus prégnante en France. En France, en 2009, seul 9 personnes étaient porteuses de ce type de bactéries. Aujourd’hui, elles sont mille. Une augmentation importante et inquiétante. Pour éradiquer ces super bactéries, cet infectiologue cherche un super donneur. L’idée serai "de trouver un individu universel qui a cette capacité, au sein de son tube digestif, d’avoir des bactéries, des soldats extrêmement puissants capables de lutter contre ces fameuses BHR, ces bactéries hautement résistantes", ajoute le docteur Davido.

Pour l’instant, seuls 50% des patients ayant reçu cette greffe fécale ont vu ces bactéries hautement résistantes disparaître. Sylvie Ledru, elle, devra patienter une semaine pour savoir sur la greffe a fonctionné.

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