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Cocaïne : le nombre d'hospitalisations en augmentation

La cocaïne continue sa percée sur tout le territoire, tandis que l'héroïne arrive dans certaines régions, selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée ce 19 décembre.

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Cocaïne : le nombre d'hospitalisations en augmentation
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Dans sa dernière étude sur les Tendances récentes et nouvelles drogues (voir encadré), l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) montre que la cocaïne et l’héroïne conservent leur pouvoir d’attraction.

TREND est un dispositif de veille "sur les tendances en cours et sur les phénomènes émergents dans le champ des drogues" mis en place en 1999 l’OFDT. Basé sur les retours de huit coordinations locales (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse), il vise "à repérer mais aussi à comprendre les changements à  l’œuvre concernant les profils de consommateurs, les modalités et contextes d’usage et de vente ainsi que les caractéristiques des produits et les dommages associés à leur consommation".

"[Depuis] plusieurs années, les usagers [s’]étaient détournés [de la cocaïne] en raison d'une baisse de pureté, [qui poussait] les usagers à aller vers d'autres produits", a expliqué à l'AFP Agnès Cadet Taïrou, épidémiologiste et spécialiste de la veille sur les phénomènes émergents à l'OFDT. Désormais plus "pure", cette poudre blanche, venue des Antilles et de Guyane, séduit un public hétéroclite.

Selon l’OFDT, le profil des consommateurs va des "personnes insérées" aux précaires, en passant par les fêtards. Et les occasions pour la consommer se multiplient : dans des "fêtes" mais aussi, fait nouveau, aux "apéros" ou dans des "cadres non festifs", indique Agnès Cadet Taïrou, qui souligne la présence de cocaïne "dans toutes les villes où a été menée l'enquête", en particulier à Bordeaux, Lille, Metz ou Rennes.

Association dangereuse de la cocaïne et de l'alcool

Les conséquences sanitaires de la cocaïne se font déjà sentir. Dans une note diffusée en août 2017, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'est inquiétée d'une hausse des hospitalisations en urgence pour des "symptômes cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, convulsions ou comas...".

Pour Agnès Cadet Taïrou, "ces phénomènes s'expliquent par la circulation d'un produit plus pur, mais aussi par l'augmentation du nombre de personnes qui prennent de la cocaïne, et par une consommation couplée avec de l'alcool".

Augmentation de la consommation d’héroïne dans le sud de la France

Autre tendance notable : celle de la poussée de l'héroïne. Historiquement plus présente dans le Nord (en raison de la proximité avec les marchés belges et néerlandais, "deux grands pays de stockage en provenance de la route des Balkans", selon l'enquête), cette poudre blanche ou brunâtre – qui se sniffe, se fume ou s'injecte – se retrouve désormais dans le Sud (dans les quartiers nord de Marseille, à la cité du Mirail à Toulouse, ou encore à Bordeaux).

Selon les données relevées, de nouvelles filières albanophones sont apparues en Rhône-Alpes et à Lyon, où elles détiennent jusqu'à 90% du marché, avec des points de vente dans les rues d'Annemasse, Annecy ou Villeurbanne, par exemple.

Utilisation "festive" de l'héroïne

"L'héroïne doit être surveillée avec une extrême attention", insiste Michel Gandilhon, chargé d'études à l'OFDT, pointant du doigt son caractère addictogène.

"L'héroïne revient régulièrement par périodes, en fonction de l'offre et de la demande", insiste le Dr Mario Blaise, du centre médical Marmottan (XVIIe arrondissement parisien) en charge des toxicomanes.

Fabrice Olivet, membre de l'association Autosupport des usagers de drogue (Asud), écarte la crainte d'un risque sanitaire majeur : "Les nouveaux usages d'héroïne issus de la scène festive" privilégieraient fumer ou sniffer cette drogue, et se tourneraient moins vers l'injection, usage "encore lié dans la mémoire collective à l'épidémie du sida". Par ailleurs, les usagers sont aujourd'hui informés des "techniques d'injection à moindre risque", souligne M. Olivet.

Pour Michel Gandilhon, le risque existe cependant : "Aux Etats-Unis, où environ 14.000 personnes sont décédées l'an dernier d'une overdose, on parle d'épidémie". En outre, l'inquiétude est grande pour les autorités qui redoutent que certaines personnes qui prennent des traitements aux opiacés (quelque 180.000 personnes en France) ne reviennent vers cette drogue dure et que de nouveaux consommateurs soient séduits.

avec AFP

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