Carte de la Guinée (cc)
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Ebola : le président Hollande en Guinée pour faire un point sur la crise sanitaire

Le président français, François Hollande, effectue ce 28 novembre une visite de quelques heures en Guinée, pays d'où est partie en décembre 2013 l'épidémie d'Ebola qui sévit toujours en Afrique de l'Ouest. Il est le premier dirigeant occidental à se rendre dans l'un de ces pays particulièrement touchés par la fièvre hémorragique.

La rédaction d'AlloDocteurs
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M. Hollande, qui sera accueilli à l'aéroport de Conakry à la mi-journée par son homologue guinéen Alpha Condé, visitera notamment un laboratoire de l'Institut Pasteur et participera à une table ronde.

Objectif de cette visite officielle, la première d'un président français depuis 1999 : faire le point sur le dispositif d'aide français pour lutter contre la fièvre hémorragique qui a déjà fait 1.200 morts en Guinée en un an. La France, qui avait annoncé le 28 octobre engager 20 millions d'euros pour la création d'infrastructures sanitaires dans le pays, souhaite désormais allouer 100 millions d'euros à cette lutte(1).

Outre le centre de soins de Macenta déjà installé en Guinée forestière (Nord-Ouest), foyer de l'épidémie, trois autres doivent être opérationnels d'ici mi-décembre dans cette région. Un centre de formation des soignants doit prochainement être opérationnel à Manéah, dans la banlieue de Conakry.

Selon l'Elysée, M. Hollande souhaite également délivrer "un message de solidarité" à la Guinée, dont l'économie est fortement affectée par la propagation d'Ebola qui s'est encore intensifiée en octobre. La restructuration de la dette guinéenne sera notamment au programme des discussions entre les deux dirigeants. Le Fonds Monétaire international a récemment conseillé au président guinéen Alpha Condé d'"augmenter les déficits" pour freiner l'avancée d'Ebola.

Un nouvel Institut Pasteur

A l'occasion de cette visite, un accord de coopération doit par ailleurs être signé avec la Guinée, pour permettre la création d'un Institut Pasteur à Conakry "fin 2016", selon un communiqué de l'Institut Pasteur.

"Ce centre renforcera durablement les capacités de surveillance, de détection et de prévention des maladies infectieuses en Guinée, mais aussi dans toute la sous-région" précise le professeur Christian Bréchot, directeur général de l'Institut Pasteur. Ce centre doit également permettre "de former sur place des ressources humaines" en s'appuyant sur l'Institut Pasteur de Dakar, "déjà en première ligne dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola actuelle."

Dans un premier temps, l'Institut Pasteur de Conakry se concentrera "sur les maladies à haut potentiel épidémique, responsables de plusieurs épisodes majeurs et sévères en Guinée ces dernières années, comme les arboviroses et les fièvres hémorragiques virales (fièvre Ebola, fièvre de Lassa, fièvre jaune, fièvre de la vallée du Rift )", précise le communiqué.

Une visite critiquée

Dans une lettre ouverte à M. Hollande, l'Association Reporters sans frontières a dénoncé "une démocratie de façade" en Guinée, accusant en particulier le gouvernement guinéen "d'exploiter" la crise engendrée par Ebola "pour museler la liberté de l'information".

Elle évoque en particulier, les conditions dans lesquelles plusieurs milliers de personnes ont été évacuées de la localité de Womey (au sud du pays), après le massacre, le 16 septembre, de huit membres d'une équipe en campagne de sensibilisation par des habitants niant l'existence du virus. Selon RSF, l'armée avait bouclé la zone pour effecteur cette évacuation, "empêchant toute couverture médiatique".

Alpha Condé a pour sa part justifié ce 26 novembre le recours à des méthodes musclées contre l'épidémie. "Si les gens ne veulent pas se faire traiter nous allons utiliser la force parce qu'on n'acceptera pas que la maladie se propage malgré tous les efforts que nous sommes en train de déployer", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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(1) L'ONG "One" a récemment dénoncé le "manque de transparence" concernant l'aide de la France à la Guinée qui, selon elle, "a seulement programmé le décaissement de 38 millions sur les 100 millions promis".

 

Il existe à ce jour déjà 32 instituts membres du Réseau international des Instituts Pasteur dans le monde.