Covid : pourquoi la vaccination démarre si lentement en France
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Covid : pourquoi la vaccination démarre si lentement en France

La France vaccine beaucoup moins vite que ses voisins européens. Une lenteur critiquée par les spécialistes mais que le gouvernement justifie par le temps de la pédagogie et du recueil du consentement.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Plus de 800.000 personnes vaccinées contre le covid-19 au Royaume-Uni, plus de deux millions aux États-Unis, 78.000 en Allemagne, 9.800 en Italie... et seulement 332 en France1. Le lent démarrage de la campagne vaccinale française suscite de vives critiques et une large incompréhension.

Si les pays en tête des vaccinations ont démarré bien plus tôt leur campagne, tous les pays de l’Union européenne ont commencé en même temps à vacciner, le 27 décembre. Et pourtant, l’écart avec nos voisins est déjà considérable.

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Montrer de l’"enthousiasme"

Le gouvernement avance "à tout petits pas", ce n'est "pas adapté" à la situation, a déploré le généticien Axel Kahn. Il faudrait au contraire montrer de l'"enthousiasme" en accélérant la vaccination, sinon les 30 à 35% de "vaccino-sceptiques" vont être convaincus que, "si on va si lentement", c'est "qu'il y a un danger", a-t-il estimé sur Europe 1.

"Il faut protéger le peuple Français et les personnes fragiles. Et faire vacciner les soignants en priorité", poursuit le professeur Kahn, lui-même décidé à se faire vacciner "le plus tôt possible".

Ne pas confondre "vitesse et précipitation"

"Je récuse cette idée d'avancée à petits pas", s'est défendu sur LCI le professeur Alain Fischer, nommé par le gouvernement pour piloter sa stratégie vaccinale anti covid-19. Selon lui, il est "dérisoire" de faire des comparaisons entre pays sur les "quelques jours" écoulés depuis le début de la campagne. Ce démarrage lent, a-t-il expliqué, est dû au choix de vacciner en priorité les plus fragiles et à la complexité de livraison des doses du vaccin Pfizer/BioNTech, qui doit être stocké à -80 degrés.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait "assumé" mardi 29 décembre sur France 2 ce démarrage en douceur, assurant ne pas confondre "vitesse et précipitation". Le gouvernement privilégie la "pédagogie", avait-il expliqué : "nous recueillons le consentement des personnes avant qu'elles soient vaccinées. Je crois que c'est un gage de confiance".

Un million de vaccinés d’ici fin février

En effet, la France a fait des choix susceptibles de ralentir la campagne. Le recueil du consentement est obligatoire, comme la consultation pré-vaccinale qui doit avoir lieu chez le médecin dans les cinq jours qui précèdent la vaccination.

De même, contrairement à l'Allemagne, la France a choisi "de faire se déplacer le vaccin jusqu'aux personnes dans les maisons de retraite et non pas de demander aux personnes des maisons de retraite de se déplacer", a encore justifié le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Au final, "ce qui compte, c'est que d'ici le mois de janvier nous aurons rattrapé le décalage vis-à-vis de tout le monde", a assuré Olivier Véran. L’objectif des 700.000 personnes vaccinées dans les Ehpad d’ici début février et un million de personnes à risque d’ici fin février sera tenu, assure le gouvernement.

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1 Selon le site VaccinTracker, chiffre du 30 décembre 2020 à 20h30.