Chronique de Gérard Collard, du 13 septembre 2013
Chronique de Gérard Collard, du 13 septembre 2013

La sélection du 13/09/2013

Tous les vendredis sur France 5 à partir de 13h40, le libraire Gérard Collard vous présente sa sélection de livres dans le Magazine de la santé, entre coups de gueule et coups de coeur. Découvrez ses conseils de lecture du vendredi 13 septembre 2013.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

* Résumé des éditeurs

  • Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
    Jean d'Ormesson
    Ed. Robert Laffont, août 2013

Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose. Un roman de société : "Tout passe". Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les mœurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle.

Un roman d'amour : "Rien ne change." Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers.

Un roman de l'univers : "Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré". Au grand-père - désormais classique - de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu.

Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages : la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.

  • La longue attente de l'ange
    Mélania Mazzucco
    Ed. Flammarion, sept 2013

À la fin du XVIe siècle, à Venise, le peintre vieillissant Giacomo Robusti, dit le Tintoret, repense à sa vie et à son rôle de père. Il évoque sa fille illégitime Marietta, artiste et femme libre, qui guide le lecteur à travers des anecdotes sur Venise et une galerie de personnages typiques.

Le peintre vieillissant Giacomo Robusti dit le Tintoret repense à sa vie et à son rôle de père. Il évoque sa fille illégitime Marietta, artiste et femme libre, qui guide le lecteur à travers des anecdotes sur Venise et une galerie de personnages typiques.

  • Le jardin blanc
    Stéphanie Barron
    Ed. Nil, août 2013

Et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée le 28 mars 1941 ? En octobre 2008, Jo Bellamy, jeune paysagiste américaine, arrive à Sissinghurst, dans le Kent, pour étudier le célèbre jardin blanc créé par l'amie de Virginia Woolf, Vita Sackville-West. Un jour après l'annonce de son départ, son grand-père Jock, d'origine britannique, se suicide. Jo découvre qu'il avait lui-même travaillé dans ce jardin pendant la Seconde Guerre mondiale et décide de profiter de son voyage pour comprendre son geste.

À Sissinghurst, Jo découvre par hasard un journal intime parmi les archives des jardiniers. L'étiquette porte le nom de son grand-père, mais, en le déchiffrant, elle doit se rendre à l'évidence : ce journal n'est pas le sien. Soupçonnant son auteur d'être Virginia Woolf, elle file le faire expertiser chez Sothebys. Là, on lui concède que le style et les thèmes rappellent en effet Woolf... à un détail près : les dates. Le 28 mars 1941, Virginia a rempli ses poches de pierres avant d'aller se noyer dans l'Ouse. Or, le journal commence le 29. Des détails du journal amènent Jo à jouer avec cette idée : et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée ? Si on l'avait tuée ?

D'Oxford à Cambridge, de demeures prestigieuses en bibliothèques légendaires, dans des jardins dont la splendeur dissimule d'obscurs secrets, Jo traque la vérité sur les derniers jours de la romancière. Mais elle n'est pas la seule, et bientôt le journal est volé...

Un roman à la fois érudit, léger et riche en rebondissements, qui ravira les amoureux d'une Angleterre traditionnelle où le feu couve sous les bonnes manières.

  • Correspondance 1923-1941
    Vita Sackville-West et Virginia Woolf
    Ed. Le Livre de Poche, mai 2013

C'est au cours d’un dîner, en 1922, que Virginia Woolf rencontra Vita Sackville-West, qui allait être, jusqu'à sa mort, une des personnes les plus importantes de sa vie. En lisant leur correspondance, qui se poursuivit sur plus de dix-huit ans, on ne peut douter de la profondeur de la passion indestructible qui lia ces deux femmes exceptionnelles.

Vita-Sackville West excellait dans l'art de la correspondance, que ce soit pour dépeindre les jardins anglais, les montagnes de la Perse ou les déserts de l'Arizona. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme. Virginia Woolf, pour sa part, se débattait sans cesse dans les affres de l'enfantement de "sa" vérité de l'écriture. À travers cette correspondance, c'est un nouvel aspect de son fascinant et multiple visage que nous apprenons à connaître.

  • Haute société
    Vita Sackville-West
    Ed. Le Livre de Poche, avril 2010

Plusieurs lettres venaient de Londres – il était donc à Londres au mois d'août ? Pourquoi ? Était-il malheureux à ce point ? - Le contenu de ces lettres la tourmentait et pourtant elle aurait bien voulu le connaître. Elle hésita encore, le coupe-papier à la main. Elle avait eu le courage de n'en ouvrir aucune. Tout d'abord elle s'y était refusée de peur que ses supplications ne fissent fléchir sa résolution.

À présent, elle craignait de les ouvrir, de peur d'y trouver des supplications moins ferventes qu'elle ne l'eût espéré. V. S.-W. Evelyn Jarrold est une parfaite représentante de la haute bourgeoisie oisive. Sophistiquée, exigeante, elle tombe amoureuse de Miles Vane-Merrick, un député réformiste, de quinze ans plus jeune qu'elle. Mais Miles, même s'il l'aime sincèrement, se sent avant tout porté vers ses ambitions et "l'ivresse du moment". Qui, dans cette relation complexe, pourra rester fidèle à l'autre ?

  • Duchesse anglaise
    Deborah Devonshire
    Ed. Petite bibliothèque Payot, avril 2013

Née en 1920, la plus jeune des excentriques soeurs Mitford épousa un cadet de famille qui devint contre toute attente onzième duc de Devonshire. Le couple s'établit à Chatsworth, ce "Versailles anglais" auquel Deborah redonna vie, et qui fut sans doute son plus grand amour. Parente de Churchill et du président Kennedy, elle a attendu l'âge de quatre-vingt-dix ans pour raconter sa vie, avec la perspicacité d'une Jane Austen déguisée en Miss Marple. De son poulailler jusqu'au champ de courses d'Ascot, elle nous explique les bonnes moeurs de l'aristocratie britannique et comment les transgresser.

  • Jane Austen et le prisonnier Wool House
    Stephanie Barron
    Ed. Le Masque, février 2006

Nous sommes en 1807 à Southampton en pleine période de guerre navale entre la France de Napoléon et l'empire britannique. C'est là que vivent Jane Austen et son frère Franck, capitaine dans la Royal Navy momentanément sans vaisseau. Le meilleur ami de Franck, le capitaine Tom Seagrave, est accusé par son premier lieutenant Eustace Chessyre du meurtre d'un capitaine français alors que ce dernier venait de se rendre. Le cas est grave car il est contraire aux lois de la guerre et Seagrave risque la pendaison...

Franck, convaincu de l'innocence de son ami, va tout mettre en œuvre pour le sauver. Mais l'affaire est complexe et l'arme du crime est bien le poignard de Seagrave...

  • Jane Austen et le Révérend
    Stephanie Barron
    Ed. Le Masque, avril 1997

En décembre 1802, Jane Austen provoque l'émoi et la réprobation de sa famille en refusant la demande en mariage d'Horris Bigg-Wither. Aussi l'invitation de son amie Isabel Poyne arrive-t-elle comme une vraie délivrance, et Jane s'empresse de la rejoindre dans le Dorset. Mais les routes ne sont pas sûres en ce début de XIXe siècle et les compagnons de voyage pas toujours recommandables. C'est un clergyman non dépourvu de charme qui retiendra l'attention de Jane dans la malle-poste qui traverse la verdoyante campagne anglaise. Arrivée à bon port, il faut vite se rendre à l'évidence, l'homme a disparu. Et son absence va être la source de bien curieux incidents.

Auteur reconnue et appréciée pour avoir su dépeindre avec habileté et talent les mœurs de son temps, Jane Austen n'a pas eu la vie terne et rangée que lui prêtent souvent les biographes officiels. Stephanie Borron, qui en a fait son héroïne, le prouve une nouvelle fois ici.

 

Vous pouvez commander les livres présentés par Gérard Collard en vous rendant sur le site de la librairie en ligne La Griffe noire.