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Notre-Dame de Paris : le "besoin de constater" et de "se rassembler"

Le terrible incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris a suscité un grand émoi en France et à l'étranger. Le point sur les conséquences psychologiques de cet événement.

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Crédit photo : ©Sapeurs-Pompiers de Paris/D.Douhard

C’est une part de notre histoire qui est partie en flammes le 15 avril 2019. Au lendemain du gigantesque incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, dans les rues, Parisiens, touristes, croyants ou non, se sont réunis pour assister, impuissants, à l'incendie. Comment expliquer la sidération éprouvée face à cet événement ? Dans quel état psychologique sont les pompiers qui ont combattu le feu toute la nuit ? Le docteur Gérard Lopez, psychiatre, a répondu aux questions du Magazine de la Santé.

  • Comment expliquer la nécessité pour beaucoup de personnes présentes à Paris de se rendre sur place, devant Notre-Dame ?

Notre-Dame est le point zéro de la France, c’est de là que partent toutes les routes de France. C’est un symbole au-delà du religieux, c’est presque le symbole de Paris ou le symbole de la France. Donc évidemment, on se sent extrêmement touchés. Tous les Français se rassemblent. Cela ne durera peut-être pas longtemps mais pour l’instant, ils se rassemblent.

  • Il y a eu une sorte de rassemblement, de sentiment d’appartenance très fort. Ce partage est-il rassurant ?

C’est quelque chose de très particulier qui ne concernait pas que les Parisiens et les Français mais tous ceux qui étaient là. C’est rassurant, c’est un appel au sacré, c’est-à-dire à ce qui nous dépasse, ce pourquoi on pourrait donner sa vie pour le sauver. Et donner sa vie pour le sauver, ce n’est pas possible. Heureusement d’ailleurs, qu’aucun pompier n’a donné sa vie pour sauver Notre-Dame.

  • Peut-on imaginer l'état psychologique des centaines de pompiers qui ont combattu les flammes toute la nuit pour sauver un édifice ?

Ils n’ont pas sauvé n’importe quel édifice et ils ont donc été très investis. Ils ont subi pour certains d’entre eux des choses traumatiques. Mais les pompiers sont organisés, ils ont des psychiatres et des cellules d’intervention psychologique. Je suppose que les pompiers seront pris en charge par des médecins-pompiers, des infirmiers-pompiers, des psychiatres-pompiers.

  • A partir de quand parle-t-on de stress post-traumatique pour les pompiers qui vivent ce genre d’événements ?

D’après les nomenclatures, on souffre pendant un mois d’un stress aigu et ensuite on peut souffrir d’un stress post-traumatique. Il y a beaucoup de pompiers qui ont des stress post-traumatiques. En 30 ans, la personne la plus traumatique que j’ai vue était un pompier de Paris qui était à la gare de Lyon et qui a fait un IPP (Incapacité Permanente Partielle) c’est-à-dire un déficit fonctionnel à 110%. Leur métier peut être très éprouvant, mais on les prend en charge.

  • Le 16 avril au matin, une cellule d’urgence médico-psychologique a ouvert ses portes dans la mairie  du 4e arrondissement de Paris. A qui s’adresse-t-elle ?

J’ai appelé le docteur Abgrall qui s’occupe de cette cellule d’urgence et elle m’a dit qu’elle soutenait les riverains qui avaient été témoins de choses difficiles. Il y a un numéro spécial pour les Parisiens qui en auraient besoin : le 01.44.49.24.30. Il s’agit du numéro du poste des urgences médico-psychologiques du Samu de Paris.

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