1. / Bien-être - Psycho
  2. / Environnement et santé
  3. / Pollution de l'air

Moins de pollution, de meilleurs poumons

La pollution urbaine n'est pas une fatalité, et la ville de Los Angeles, aux Etats-Unis, en est la preuve. Après 20 ans d'efforts environnementaux, la qualité de poumons de ses adolescents s'améliore progressivement, selon une étude publiée dans The New England Journal of Medecine. Entre 1994 et 2011, la capacité pulmonaire des jeunes a augmenté de 10%.

Rédigé le , mis à jour le

Moins de pollution, de meilleurs poumons
Moins de pollution, de meilleurs poumons

"C'est une success story environnementale. L'air de Los Angeles est devenu beaucoup plus propre que dans le passé", s'enthousiasme le Dr James Gauderman. Pendant près de 20 ans, il a étudié les poumons de 2.000 adolescents résidant dans la ville californienne. Et, plus la qualité de l'air va en s'améliorant grâce aux politiques locales, plus les poumons des jeunes sont en meilleur état. Les chercheurs ont notamment constaté une hausse assez importante du développement pulmonaire chez le plus jeunes. Les résultats sont publiés le 5 mars dans la revue médicale américaine New England Journal of Medecine.

De 1994 à 2011, les chercheurs ont décrypté les poumons d'adolescents à trois stades : à 11, 13 et 15 ans. La taille et la force du poumon étaient notamment mesurées, tout comme la quantité d'air expirée. En définitive, le développement pulmonaire de sujets âgés de 11 à 15 ans est plus de 10% supérieur chez ceux qui respiraient des niveaux plus faibles de dioxyde d'azote (NO2) entre 2007 et 2011, par rapport à ceux qui vivaient dans cette région entre 1994 et 1998.

Moins de faiblesses respiratoires

La proportion des adolescents de 15 ans souffrant d'une faiblesse anormale des capacités respiratoires est de près de 8% dans le premier groupe, de 6,3% dans celui de 1997-2001 et de seulement 3,6% de 2007 à 2011. Et cette amélioration générale (1) de l'état de santé respiratoire est clairement liée à l'assainissement de l'air local, selon les chercheurs qui s'étonnent de résultats si positifs.

L'exposition aux deux polluants les plus nocifs, le dioxyde d'azote et des particules en suspension dans l'air d'une diamètre inférieur à 2,5 microns (un millième de millième), ont diminué d'environ 40% pour la période 2007-2011 par rapport à la période 1994-98.

La jeunesse : une période clé pour les poumons

L'adolescence est une période cruciale pour la santé pulmonaire future. "La réduction de fonction pulmonaire chez l'adulte est clairement associée avec une augmentation des risques de maladies respiratoires, cardiovasculaires et de morts prématurées".

Respirer de l'air plus pur durant les années critiques de la croissance se traduit par des bienfaits durables sur la santé, souligne le Dr Gauderman, précisant que la ville ne doit pas pour autant relâcher ses effort en terme de politique environnementale.

----
(1) constatée quelque soit l'âge, le genre, l'origine sociale ou l'exposition au tabac.

Source : Association of Improved Air Quality with Lung Development in Children. W. James Gauderman et al. NEJM, 2015. DOI:10.1056/NEJMoa1414123
 

VOIR AUSSI :