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Transpiration excessive : le drame de l'hyperhidrose

Un peu de sueur, le corps en a besoin, pour réguler sa température interne. Mais lorsque ce mécanisme s'affole et que l'on se met à transpirer à tout bout de champ, alors la vie devient un cauchemar. C'est l'hyperhidrose. Comment apparaît-elle ? Comment en guérit-on ? Zoom sur une maladie un peu étrange...

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Transpiration excessive : le drame de l'hyperhidrose
Sommaire

Pourquoi transpire-t-on ?

Marina Carrère d'Encausse et Antoine Piau expliquent le mécanisme de la transpiration

Les mains moites, la chemise qui colle dans le dos, des gouttes qui perlent sur les tempes et, parfois, une odeur prononcée… Quand la transpiration est très importante et affecte la vie sociale, on parle de transpiration excessive ou d'hyperhidrose.

La transpiration est un processus naturel. Elle sert avant tout à éliminer la chaleur produite par l'organisme et à maintenir sa température à 37°C. Cette transpiration est produite au niveau de la peau, dans le derme, par les glandes sudoripares. De petits vaisseaux sanguins leur apportent le sang qui sert à produire la sueur. Cette dernière est évacuée vers la surface en passant par des petits canaux jusqu'aux pores de la peau.

Il existe deux types de glandes sudoripares. Les glandes apocrines sont collées aux follicules pileux, on les retrouve au niveau des aisselles et autour des mamelons. Les glandes eccrines, elles, sont les plus nombreuses, notamment au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds, ainsi que de la tête et de la face. Elles sécrètent à 90% de l'eau ainsi que du chlorure de sodium, de l'urée et de l'acide lactique.

L'activité de ces glandes est sous le contrôle d'un thermostat central. Il est situé dans le cerveau, au niveau de l'hypothalamus. Ce thermostat est sensible à la température du corps. Lorsque cette température dépasse un certain degré, un ordre est envoyé via les nerfs du système sympathique. Ces derniers se ramifient à partir des ganglions présents de chaque côté de la moelle, pour innerver directement les glandes sudoripares et déclencher la production de sueur.

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Comment y faire face ?

Déodorants, anti-tranpirants... quelle différence ?

Le premier réflexe, face à la transpiration, c'est le déodorant. Mais il existe aussi d'autres familles de produits en pharmacie pour contrer un excès de sueur, par exemple la phytothérapie.

Pour limiter la sudation, il existe des traitements comme des anti-transpirants qui ont une action limitée dans le temps. L'un des plus efficaces est le chlorure d'aluminium qui est utilisé localement sous forme de pommade.

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Des traitements efficaces

Ionophorèse, injections... quelles sont les solutions contre une transpiration excessive ?

On peut aussi avoir recours à l'ionophorèse ou l'injection de toxine botulique. L'efficacité de ces deux traitements est reconnue, mais ils coûtent cher. Il faut compter 300 euros pour l'ionophorèse. Les injections de toxine botulique coûtent entre 400 à 600 euros par séance, non remboursées par la Sécurité sociale.

Ces techniques permettent tout de même à de nombreux patients de réduire les effets indésirables de l'hyperhidrose.

Qu'est-ce que l'ionophorèse ?

Ionophorèse : mode d'emploi

Il arrive que les médecins constatent l'efficacité d'un traitement sans savoir très précisément le processus d'action. C'est le cas pour l'ionophorèse, une méthode qui permet néanmoins de limiter la transpiration au niveau des zones traitées.

Le recours à la chirurgie

Hélène doit gérer quotidiennement ses crises d'hyperhidrose.

Lorsque tous ces traitements ont échoué, il reste une dernière opération : la sympathectomie. Elle consiste à couper le nerf qui fait partie du système sympathique et qui transmet aux glandes sudoripares les ordres en provenance du thermostat central.

Même si cette technique est désormais mieux maîtrisée, 60% des patients opérées présentent des effets secondaires. L'excès de sueur peut apparaître sur des zones qui n'étaient pas touchées, comme le dos et les cuisses. C'est ce qu'on appelle l'hyperhidrose compensatrice.

La sympathectomie n'est donc pas dénuée d'effets secondaires. Elle doit donc être réservée aux cas graves où la transpiration est très invalidante et qu'elle n'est pas améliorée par les traitements classiques.

Depuis qu'elle a été opérée d'une sympathectomie il y a une quinzaine d'années, Hélène a parfois des crises d'hyperhidrose compensatrice.