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Game of Thrones : mille et une façons de mourir...

"Game of Thrones" est LA série du moment, celle dont tout le monde parle. Alors que la saison 8 débarque sur nos écrans, nous nous sommes intéressés aux aspects médicaux de GOT, et notamment aux morts. Diverses et variées dans la série, souvent sanglantes, sont-elles pour autant réalistes ?

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"Santé dans "Game of Thrones" : fiction ou réalité ?", chronique de Claire Ricard, journaliste, du 25 avril 2019

Game of Thrones est la série de tous les records : 47 Emmys, les Oscars de la télé... On estime aussi à un milliard, le nombre de visionnages de la saison 7. Et la saison 8, la dernière, promet de dépasser toutes les espérances. Sa diffusion a débuté le 15 avril sur OCS. Les fans vont enfin savoir qui va s'asseoir sur le trône de fer.

Outre les intrigues géopolitiques, les aspects médicaux sont nombreux dans Game of Thrones : consanguinité, psychiatrie... La mort est également omniprésente dans la série, qui est particulièrement sanglante. Le Washington Post a recensé 1.243 décès avant la saison 7, et ils ne concernent pas que les figurants. Parce que la marque de fabrique de Game of Thrones, c'est de tuer les personnages auxquels les téléspectateurs s'attachent le plus.

Sur les 330 protagonistes de la série, 186 ont déjà passé l'arme à gauche, et rarement de leur "belle mort". Mourir dans son lit à l'âge de 90 ans n'est pas la trame narrative qui a été le plus souvent privilégiée.

La mort sanglante

La mort sanglante est très répandue dans la série, qui se déroule dans un univers fantastique à tendance médiévale. Game of thrones, c'est le Moyen-Âge avec son château à créneaux, son pont-levis, et bien sûr ses combats d'épée et autres batailles sanguinolentes. On ne compte donc plus les têtes fracassées à coup de hache, les épées en plein coeur, les tirs d'arbalètes...

Malheureusement, à l'époque, la médecine est rudimentaire. Dans la série, et au Moyen-Age, elle consiste, soit à laisser faire, avec des fractures qui se remettent bon an, mal an, soit à couper des membres pour tenter de sauver la personne de l'infection. Mais souvent le remède est encore pire que le mal.

Dans un des épisodes de la série, l'un des personnages, Jaime Lannister, se fait couper la main mais il va survivre à cette blessure. C'est hautement improbable parce que les principes d'hygiène opératoire et d'asepsie n'interviendront qu'au XIXe siècle avec les travaux de Louis Pasteur et de Joseph Lister. Et le médecin du Moyen-Âge reste fort démuni face à la menace bactérienne. Comme Jaime est, en plus, tombé dans la boue après sa blessure, le médecin aurait bien eu du mal à endiguer l'infection en ne coupant pas le bras au minimum.

Le tétanos et la gangrène sont très fréquents à cette époque et il n'y a aucun médicament, comme les antibiotiques, pour s'en prémunir. La série évoque le lait de pavot pour endormir les malades. Ce psychotrope était en effet utilisé dès le Moyen-Âge.

Les pires épidémies

Les microbes pullulent aussi dans Game of Thrones, il y a même une grave épidémie dans la série. Il s'agit de la terrifiante grise écaille, une maladie de peau qui se manifeste par une éruption noirâtre, rugueuse et qui mène à la folie. Les malades étaient surnommés les "hommes de pierre". La grise écaille est très contagieuse, et quasiment incurable. Deux personnages principaux y ont réchappé dans la série : une petite fille Shireen et Jorah Mormont.

L'auteur George Martin n'avait que l'embarras du choix pour puiser dans le Moyen-Âge des épidémies dévastatrices. On peut penser à la lèpre, qui peut avoir des similitudes dans les éruptions cutanées et son mode de transmission par contact. Même si la lèpre est beaucoup moins contagieuse. La série est particulièrement réaliste dans le sort réservé aux malades qui sont ostracisés de la société, vers un mouroir dans les ruines de Valyria. On le retrouve au Moyen-Âge où, au-delà de la maladie, la lèpre est aussi une sentence sociale. Les lépreux sont discriminés, obligés d'agiter la crécelle pour se désigner, enfermés dans des léproseries, mis au ban de la société.

Si la lèpre a aujourd'hui disparu en Europe, elle reste encore un problème majeur dans quatorze pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine et on estime qu'il y a encore 2,8 millions de lépreux dans le monde.

Les empoisonnements

Il existe un troisième péril dans Game of Thrones : le poison, très pratique pour éliminer un personnage un peu gênant. Un épisode a fait date avec la mort très spectaculaire de Joffrey Lannister à cause du poison étrangleur.

Des spécialistes se sont intéressés à ce poison pour savoir lequel pourrait, dans la vraie vie, produire ces effets. Ils ont cherché du côté de la ciguë, du cyanure... Mais selon le magazine Science et vie, qui a consacré un numéro à la série, c'est la nicotine qui se rapprocherait le plus du poison étrangleur. La nicotine pure peut être mortelle. Quatre grammes de nicotine seraient suffisants pour tuer quelqu'un en provoquant la contraction de muscles mous comme la trachée ou les poumons. Cela s'apparenterait à un étranglement avec des vomissements comme mouvements réflexes.

Si la mort est omniprésente dans la série, des personnages parviennent tout de même à survivre. L'intelligence artificielle s'est même penchée sur la question. Elle a croisé toutes les données de la série pour identifier les personnages, qui dans la saison 8, avaient le plus de chance de survivre. Le résultat montre qu'il vaut mieux être une femme, de haute naissance, qui n'hésite pas à changer son allégeance et renier sa famille. Retourner sa veste est donc le meilleur remède dans Game of Thrones !

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