Deux ans de prison ferme pour avoir transmis sciemment le sida

La cour d'assises de Seine-Saint-Denis (93) a condamné mardi à cinq ans de prison, dont deux ans ferme, un homme de 51 ans ayant contaminé sciemment sa compagne avec le virus du sida, alors qu'il lui cachait sa maladie.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Deux ans de prison ferme pour avoir transmis sciemment le sida

Patrick, chauffeur routier et ancien toxicomane résidant à Bondy (Seine-Saint-Denis), a été condamné par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, à cinq ans de prison dont deux ans ferme, pour "administration de substances nuisibles ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente".

Il avait toujours caché sa maladie à ses proches et surtout à sa compagne, avec qui il avait des rapports non-protégés, bien qu'il avait connaissance de sa propre séropositivité depuis 1994.

"Je suis assez contente, j'y croyais pas. Il me fallait ça, qu'il soit reconnu coupable pour des faits. Je pense que ça répare", a déclaré la victime à l'AFP, après l'énoncé de la sentence.

Cette mère de quatre enfants, âgée de 42 ans, avait découvert sa propre contamination en 2004, avant de quitter son compagnon et de porter plainte contre lui, au mois de mars 2005.

L'avocat de l'accusé, Me Jonathan Ben Ayoun, a précisé à l'AFP que son client ne "ferait vraisemblablement pas appel".

Ce dernier a toujours nié les faits lors de l'instruction mais a reconnu sa responsabilité au cours du procès et exprimé ses regrets. Il s'est retranché derrière sa "pudeur", qui l'aurait empêché, selon lui, d'avouer sa maladie.

En évoquant durant l'audience un homme "simple d'esprit" et en "déni de sa maladie", son avocat avait contesté sa "volonté de nuire, de faire mal" et demandé qu'il soit jugé pour "blessures involontaires".

Dans ses réquisitions, l'avocat général Kevin Herouf a toutefois estimé que l'accusé avait "nécessairement" eu "la volonté de contaminer" son ex-compagne.

Le déni de sa propre maladie "est devenu criminel quand il a commencé à avoir des relations sexuelles avec la victime" et ce, "pas à une seule reprise mais pendant huit ans", avait-il affirmé.

L'état de santé de l'accusé, atteint également d'une hépatite C, avait empêché la tenue du procès à plusieurs reprises.

Plusieurs affaires similaires ont été jugées ces dernières années, avec des condamnations parfois très différentes. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a ainsi condamné en 2009 à trois ans ferme un homme accusé d'avoir contaminé sa compagne. En 2011, la cour d'assises de Paris a condamné un homme de 34 ans à neuf ans de prison pour des faits similaires.

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